Whirlpool : retour sur une reprise impossible

À Amiens, le tribunal de commerce se prononce vendredi 26 juillet sur les trois offres de reprise de Whirlpool. La plus importante prévoit de garder seulement 40 salariés sur les 280.

Ils ne sont plus qu'une poignée à manifester. Licenciés de Whirlpool, ils avaient cru aux promesses de leur repreneur. "Qu'est-ce qu'on a fait des dix millions d'euros qu'il a perçus, par Whirlpool et l'Etat ?", s'interroge un salarié. Avant d'être englué, ce dossier était aussi une bataille de l'image. Dans la campagne présidentielle, les 280 salariés avaient attiré l'œil des candidats, médias et repreneurs providentiels, comme Nicolas Decayeux, président du Medef dans la Somme et industriel ambitieux. L'Etat mettra finalement quatre millions d'euros dans le projet en plus des sept versés par Whirlpool.

Usine à l'arrêt

Mais la reprise ne doit rien au hasard, Nicolas Decayeux remerciait à l'époque ses soutiens. Sauf que l'usine est aujourd'hui à l'arrêt. Aucune voiture n'a été produite, et le projet de casier réfrigéré connecté n'a été fabriqué qu'à deux exemplaires. En juin, le député La France Insoumise, François Ruffin, expliquait : "Si aujourd'hui l'entreprise est en difficulté, c'est parce qu'une start-up, ça démarre petit et ça grandit. Là, on lui a demandé de mettre la barre très haut, tout de suite". Qui est fautif ? En deux ans, une nouvelle lettre de licenciement va être adressée aux salariés.

Le JT
Les autres sujets du JT
L\'entrée de l\'usine WN, ex-Whirlpool, à Amiens (Somme), le 29 mai 2019.
L'entrée de l'usine WN, ex-Whirlpool, à Amiens (Somme), le 29 mai 2019. (DENIS CHARLET / AFP)