Whirlpool : les salariés suspendus à la décision de justice

Vendredi 26 juillet, le tribunal de commerce examinait les offres des repreneurs de WN, ex-Whirlpool. Les salariés devront attendre mardi 30 juillet pour connaitre leur sort.

Un patron face à ses salariés. Mais pas un mot. Venu écouter les offres de reprise de WN (ex-Whirlpool), Nicolas Decayeux est resté de marbre vendredi 26 juillet. "Il met 160 personnes à la rue. On reçoit notre lettre de licenciement en août, et là il ne vient même pas nous voir", raconte un salarié dépité. Pourtant, l'ex-patron du Medef de la Somme avait investi 10 millions d'euros, dont 2,5 millions d'argent public, pour lancer WN. Mais au bout d'un, le constat est un échec. Les salariés s'étaient réunis devant un casier connecté, un des deux seuls sortis par l'usine en un an.

Deux offres de reprise

Au tribunal de commerce, deux repreneurs étaient sur les rangs. Dont Philippe Valton, ex-salarié de Whirlpool. "On a une telle volonté vu ce qu'on vient de traverser, de réussir et je n'en doute absolument pas", a-t-il avancé. Mais la meilleure offre vient de deux hommes spécialisés dans l'agencement. Ils espèrent intégrer 44 personnes dans leur projet. "Les gens qui sont là sont des gens qui sortaient 600 000 ou 800 000 sèche-linges pour Whirlpool chaque année. Ils savent travailler", rappelle François Company, cofondateur d'Ageco.
Decayeux a lui reconnu que sa reprise était surdimensionnée avec 200 salariés. "WN c'est un échec, j'en suis le président, donc j'assume cet échec sans problème. Mais je ne suis qu'un homme, je ne suis pas un magicien, pas superman", a-t-il déclaré à la sortie du tribunal. Les salariés connaîtront leur sort mardi 30 juillet : soit repris, soit au chômage.

Le JT
Les autres sujets du JT
L\'entrée de l\'usine Whirlpool d\'Amiens, le 25 avril 2017.
L'entrée de l'usine Whirlpool d'Amiens, le 25 avril 2017. (DENIS CHARLET / AFP)