Suppressions de postes à Radio France : plusieurs syndicats appellent à la grève à partir de ce lundi

Le plan de réorganisation de l'entreprise prévoit la suppression de 299 postes, dont 236 seront ouverts à un plan de départs volontaires.

La Maison de la radio, à Paris, siège de Radio France.
La Maison de la radio, à Paris, siège de Radio France. (MATTHIEU FERRI / RADIO FRANCE)

Plusieurs syndicats de Radio France appellent à la grève à partir du lundi 25 novembre pour dénoncer le plan de réorganisation de l'entreprise qui prévoit la suppression de 299 postes, dont 236 seront ouverts à un plan de départs volontaires. Plusieurs préavis de grève ont été déposés par les organisations syndicales. Dans le détail, SUD, le SNJ et la CFDT appellent à une grève du 25 au 29 novembre inclus. De son côté, la CGT appelle les salariés à cesser le travail dès le lundi 25 novembre pour une grève illimitée. Force ouvrière et l'Unsa appellent, quant à eux, à une journée de grève le 25 novembre.

Lundi matin, les programmes étaient fortement perturbés. Sur France Inter, les auditeurs pouvaient entendre une programmation musicale. Sur franceinfo, la matinale a pu être en grande partie assurée. Pour les autres radios du groupe (France Culture, France Bleu...), les antennes étaient plus ou moins perturbées. Une assemblée générale doit se tenir en début d'après-midi à la Maison de Radio France. 

Un plan "injustifié et injustifiable", pour les syndicats; "un projet nécessaire", pour la direction

"Nous respectons ce temps d’expression des grévistes", argumente la direction du groupe public, "mais le projet de transformation de Radio France est nécessaire pour construire son avenir et celui des salariés, et nous souhaitons le mener dans le dialogue", insiste-t-elle.

Ce plan de départs volontaires représente un "affaiblissement grave de Radio France", rétorque le SNJ. C'est "une perte globale de nos moyens de production. Quelle cruelle façon de célébrer des audiences globalement excellentes !", fustige le syndicat, qui reproche à la présidence de Radio France "d'aller bien au-delà du tour de vis imposé par le gouvernement".

Pour la CGT, ce plan est "injustifié et injustifiable", car il y aura "une dégradation de la qualité du service rendu au public et des conditions de travail des salariés". Selon Force Ouvrière, ces suppressions de postes vont entraîner une "augmentation de la charge de travail" des salariés et "il faudra faire plus avec moins. Contrairement à ce qu’affirme la direction, cela engendrera nécessairement une augmentation des risques psycho-sociaux et de la souffrance au travail".

"Sur les départs, nous rappelons qu'ils seront volontaires, avec notamment des aménagements de départs à la retraite", répond la direction de Radio France.

299 suppressions de postes sur trois ans, 76 postes seront créés

La PDG de Radio France, Sibyle Veil, a présenté jeudi 14 novembre, lors d’une réunion du comité social et économique central, les modalités de mise en œuvre du projet Radio France 2022, qui comprend 299 suppressions de postes sur trois ans, sur un total de 4 403 salariés en CDI.

Parallèlement, 76 postes seront créés, dont 50 dans le numérique sur des compétences qui n’existent pas en interne. Pour mener à bien ces suppressions de postes, le groupe va mettre en place un plan de départs volontaires concernant 236 postes qui seront ouverts progressivement sur trois ans, au fur et à mesure des réorganisations mises en place.

Le projet Radio France 2022 prévoit 60 millions de besoins de financements supplémentaires sur trois ans : 20 millions de baisse des contributions de l'Etat – déjà annoncée, 20 millions d'augmentation mécanique des charges et 20 millions d'euros de financement de la transformation numérique. Pour y parvenir, la direction de Radio France entend développer les ressources propres pour 20 millions d'euros, économiser sur les coûts de diffusion de l'ordre de 5 millions d'euros, 10 millions d'économies vont passer par un redéploiement de moyens et 25 millions d'économies sont prévues sur les charges de personnel, qui représentent 61% du total des charges de l'entreprise.