Reprise de Camaïeu : "On est plutôt rassurés parce que c'est ce qu'on attendait", déclare un délégué de la CFDT

Invité lundi 17 août sur franceinfo, Nordine Misraoui, délégué syndical CFDT à Roubaix, s'est dit satisfait de l'annonce de la reprise de Camaïeu par la Financière immobilière bordelaise, qui doit conserver 2 659 salariés sur les quelque 3 000 que compte l'enseigne.

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L'enseigne de prêt-à-porter Camaïeu va être reprise par la Financière immobilière bordelaise, qui s'engage à garder 2 659 salariés sur les 3 100 actuels. (DENIS CHARLET / AFP)

Le tribunal de commerce de Lille a choisi lundi 17 août la Financière immobilière bordelaise (FIB) pour reprendre 2 659 salariés sur les quelque 3 000 de l'enseigne de prêt-à-porter féminin Camaïeu et de garder 511 magasins sur les 634. Une autre offre était en concurrence, celle de l'actuelle direction, qui proposait de garder 2 520 emplois et de reprendre 446 magasins, dont 43 sous l'enseigne de prêt-à-porter féminin de la galaxie Mulliez, Grain de malice. "On est pas mal rassurés parce que c'est ce qu'on attendait", a réagi lundi sur franceinfo Nordine Misraoui, délégué syndical CFDT à Roubaix.

franceinfo : Cette reprise est-elle une bonne chose ? L'offre de la FIB est meilleure que celle de l'actuelle direction ?

Nordine Misraoui : C'est une satisfaction parce qu'on avait choisi de soutenir la FIB en fonction de ce qu'on a vécu, des informations qui nous ont été cachées et des ordonnances Macron qui disent qu'un employeur peut se porter candidat à sa propre reprise. Mais moralement ce n'est pas acceptable. A partir du moment où il y a une offre concurrente, ils doivent se tenir sur le côté et s'effacer discrètement. Il y a un écart important [entre les deux offres de reprises] en termes de salariés qui ne seront pas au chômage. C'est ça qui nous porte. Charge à nous de voir avec la FIB qu'on a eu raison de leur faire confiance et qu'ils apporteront quelque chose pour aider les salariés qui vont se retrouver au chômage. Quel que soit le repreneur, il y a une partie du personnel qui ne souhaitait pas continuer. On a négocié un accord avec du volontariat et donc certains feront partie du plan social.

Les salariés de Camaïeu étaient-ils majoritairement favorables à cette offre de la FIB ?

La direction actuelle était soutenue par le syndicat maison majoritaire (38%) Unis pour agir ensemble (UPAE). Ils n'ont de syndicat que le nom. Pour être objectif et sincère, on a eu un Comité social et économique (CSE) la veille de la dernière audience, on a dû voter pour ou contre les repreneurs. On avait 15 voix en faveur de la FIB et 8 en faveur de l'actuel actionnaire. Au niveau des salariés, j'ai parcouru quelques magasins à travers la région, ils sont très favorable à la FIB. Parmi les gens de la FIB, j'ai cru comprendre à l'audience du tribunal qu'il y avait des anciens cadres de Camaïeu, des experts, des professionnels, des pointures. Ils ont les moyens de s'assurer la collaboration de gens qui ont l'expertise dans ce domaine.

Dans quel état d'esprit êtes-vous avec vos collègues ?

On est pas mal rassurés parce que c'est ce qu'on attendait. Il va falloir qu'on se remette vite au travail parce que les magasins n'ont pas été beaucoup alimentés ces derniers temps. Et si on veut que ça reparte, il faut qu'on les alimente avec de la marchandise qui est en rétention chez un sous-traitant, où il y avait aussi une centaine de salariés en jeu.

Camaïeu a été placée en redressement judiciaire le 26 mai, "lourdement impactée par la crise sanitaire et faute d'un prêt garanti par l'Etat qui lui aurait permis de surmonter" cette situation, a expliqué la direction. Etes-vous d'accord avec cette explication ?

Non, la crise sanitaire je n'y crois pas une seconde. On a une activité qui commence le 1er avril 2019 et qui finit le 31 mars 2020. Le confinement a eu lieu mi-mars, donc l'impact en termes de jours il faut le relativiser. J'ai relu une analyse et je me rends compte qu'il y a des phrases et des propos tenus avant qui étaient lourds de sens durant les derniers CSE. Il y a eu des négociations qui avaient été entamées avec les pouvoirs publics et les actionnaires. Plein de choses se sont passées avant mais on ne le savait pas. 

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