Plan social chez Nokia : "C'est vraiment un coup sur la tête, la douche froide", dit un délégué syndical CFDT

Nokia a présenté lundi 22 juin un plan de transformation. 1233 emplois vont être supprimés, les syndicats ne comprennent pas.

Le campus Nokia, près de Paris
Le campus Nokia, près de Paris (ETIENNE LAURENT / EPA)

"C'est très compliqué à vivre. On est vraiment écoeurés. Le faire juste après le déconfinement alors qu'on a travaillé d'arrache-pied ces derniers mois pour mettre en place la 5G, c'est vraiment un coup sur la tête, la douche froide", dénonce lundi 22 juin sur franceinfo Pascal Guihéneuf, délégué syndical central CFDT chez Nokia. L'entreprise a annoncé la suppression de 1 233 emplois dans sa filiale française Alcatel-Lucent.

402 postes vont être supprimés à Lannion, dans les Côtes d'Armor, soit la moitié de l'effectif global. À Nozay dans l'Essonne, 831 postes seront supprimés. Ces deux sites travaillaient sur la mise en place de la 5G, présentée pourtant comme un secteur d'avenir.

"C'est plus que paradoxal, on se demande où est le nord. On a perdu le nord. Il n'y a rien de plus moderne que la 5G en matière de télécommunication aujourd'hui. On a investi là-dedans. Et là, on nous met un coup sur la tête. Nous sommes surpris sur l'ampleur des dégâts. C'est une vraie catastrophe", ajoute le syndicaliste.

On nous dit qu'on a jamais eu autant besoin de télécom pendant ces trois mois de confinement. Clairement, on a besoin de nousPascal Guihéneuf, délégué syndical CFDT Nokiasur franceinfo

Pascal Guihéneuf a également dénoncé le discours de la direction de l'entreprise : "Pour expliquer ce plan, on nous parle finance. On nous dit qu'il n'y a plus assez de sous, que la compétition est extrêmement difficile. On nous parle finance, alors que nous parlons social et compétences. Nous ne sommes vraiment pas sur la même longueur d'onde. On nous dit qu'on a jamais eu autant besoin de télécom pendant ces trois mois de confinement et encore aujourd'hui pour tous ceux qui télétravaillent. Clairement, on a besoin de nous."

"On va essayer de bâtir des contre-propositions, s'il est encore possible de bâtir des contre-propositions. On va essayer d'annuler ce plan, on va commencer par là. On va foutre le bordel pour essayer de reporter, d'annuler", a terminé le syndicaliste.

Les représentants de salariés sont reçus ce mardi après-midi à Bercy, au cabinet de la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, Agnès Panier-Runacher.