Pas d'offre de reprise ferme pour l'équipementier automobile GM&S

L'annonce a été faite aux 277 salariés par un porte-parole de l'administrateur judiciaire. Ils vont tenter d'alerter sur leur sort Emmanuel Macron, en visite dans la Haute-Vienne vendredi 9 juin.

Des salariés de l\'entreprise GM&S Industry manifestent le 16 mai 2017 à La Souterraine (Creuse).
Des salariés de l'entreprise GM&S Industry manifestent le 16 mai 2017 à La Souterraine (Creuse). (GEORGES GOBET / AFP)

"Le résultat, c'est qu'il y a zéro offre, donc on se fout de notre gueule." Les 277 salariés de GM&S Industry, équipementier automobile basé à La Souterraine (Creuse), placé en redressement judiciaire, sont en colère. Ils ont appris, jeudi 8 juin, qu'aucune offre de reprise ferme n'avait été déposée dans les délais impartis. La date limite des dépôts était fixée à mercredi, 17 heures, par le tribunal de commerce de Poitiers (Vienne).

C'est un porte-parole de l'administrateur judiciaire qui est venu l'annoncer aux salariés, puisque l'administrateur judiciaire, lui, n'a pas fait le déplacement, selon France Bleu Creuse. La radio précise qu'il a seulement évoqué des échanges d'e-mails avec l'entreprise GMD. Celle-ci a écrit une lettre d'intention pour confirmer son intérêt pour GM&S, mais ne propose de reprendre que 120 salariés. De plus, il ne s'agit que d'une lettre d'intention et non d'une offre de reprise ferme.

"Ils continuent à jouer avec les nerfs des salariés"

"Il y a juste eu un échange de mails" avec le leader français de l'emboutissage GMD, "mais on ne peut pas considérer ça comme une lettre d'intention", a déclaré devant la presse Patrick Brun, délégué CGT, à l'issue d'une assemblée générale des salariés convoquée après un Comité d'entreprise (CE).

Les salariés "continuent d'être inquiets (...) ils continuent d'être déterminés", et "on va se battre jusqu'au bout", a prévenu Yann Augras, secrétaire du CE et représentant CGT. "Ils continuent à jouer avec les nerfs des salariés", mais "nous, on va pas attendre", a insisté le secrétaire du CE, en évoquant un "rendez-vous très important demain [vendredi] avec M. Macron".

"On restera jusqu'à ce qu'Emmanuel Macron nous reçoive !"

Sans attendre la tenue du CE, l'intersyndicale CGT-FO a demandé, dès mercredi, une entrevue avec Emmanuel Macron à l'occasion d'un déplacement du président dans la Haute-Vienne voisine, vendredi. Le chef de l'Etat est attendu pour un déplacement consacré à la ruralité et à l'agriculture avant de commémorer, samedi à Oradour-sur-Glane, le souvenir des 644 villageois massacrés le 10 juin 1944 par des soldats SS.

"On restera jusqu'à ce qu'il nous reçoive !" ont assuré à France Bleu Creuse les salariés qui vont mener une opération escargot jusqu'à Limoges. Interrogé mercredi soir par l'AFP, l'Elysée n'était alors "pas encore en mesure de confirmer" ce rendez-vous avec les salariés de GM&S Industry.