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GM&S : ce qui coince dans le dossier pour la reprise de l'équipementier automobile

Les 277 salariés de l'équipementier automobile creusois GM&S attendent dans la matinée de mercredi la décision du tribunal de commerce de Poitiers concernant l'offre de reprise de l'emboutisseur GMD.

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Une réunion de concertation autour de Bruno Le Maire, le 11 juillet 2017, au ministère de l'Economie à Paris. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Le sort des 277 salariés de GM&S est suspendu à la décision du tribunal de commerce de Poitiers (Vienne). Ce dernier devrait trancher, mercredi 19 juillet dans la matinée, entre une nouvelle prolongation jusqu'au 31 août de la période d'observation du repreneur GMD et une liquidation pure et simple de l'équipementier automobile creusois.

Le feuilleton GM&S dure depuis plus de six mois. L'entreprise est placée en redressement judiciaire depuis décembre et en liquidation judiciaire depuis le 30 juin avec période d'observation jusqu'au 21 juillet. Mais l'offre de reprise de GMD pour 120 salariés a permis d'apporter un espoir pour sauver la deuxième entreprise privée de la Creuse. Franceinfo fait le point sur ce qui bloque encore dans l'offre de reprise.

La question de l'investissement

Lors de la réunion entre toutes les parties prenantes au dossier, le 11 juillet, le repreneur GMD avait rappelé ses conditions. Le numéro un français de l'emboutissage indiquait reprendre le site à condition qu'il soit modernisé "à hauteur de 15 millions d'euros". L'Etat et Renault se sont d'ores et déjà engagés à apporter chacun cinq millions d'euros d'investissement. Le reste devrait être apporté par l'entreprise PSA, mais ce dernier apport pose question.

L'Etat a reproché lundi à Peugeot PSA de ne pas être prêt à investir pour moderniser le site. L'entreprise automobile a contre-attaqué le lendemain en démentant son désengagement et en rappelant qu'elle contribuera à hauteur de quatre millions d'euros. PSA a même réclamé la publication des engagements détaillés des parties prenantes en matière de chiffre d'affaires pour les années à venir.

Le problème du loyer

Le PDG de GMD, Alain Martineau, a prévu d'expliquer au tribunal de commerce de Poitiers que "l'ensemble des conditions suspensives ne sont pas levées". Il souhaite donc une prolongation de la période d'observation. Le problème du bail proposé pour les locaux n'est pas encore résolu. Le patron de GMD estime le contrat "hors cadre"

"La SCI [société civile immobilière] propriétaire propose de faire supporter au locataire les frais d'entretien des locaux pendant six ans, ce qui n'est pas acceptable", estime Alain Martineau. Le PDG a également demandé un engagement écrit sur la dépollution du site qu'il ne veut pas avoir à sa charge.

L'adhésion des salariés au projet

Pour le patron de GMD, l'adhésion des salariés au projet est également une condition nécessaire à la reprise, "car il n'est pas possible de se rendre sur un site où l'on se fait siffler par ses salariés". Mais pour l'instant, les syndicats sont sceptiques.

Cette entreprise a vécu trois dépôts de bilan en dix ans, on ne va pas redresser la barre en quelques semaines. Mais sous trois ans, nous pouvons en faire quelque chose...

Alain Martineau, le patron de GMD

la CGT réclame que Renault "formalise ses engagements par écrit" et une indemnité de licenciement supra-légale pour ceux des 277 salariés qui ne seraient pas repris par GMD, qui propose de garder 120 personnes.

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