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Ford Blanquefort : que peut faire l'État ?

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Ford Blanquefort : que peut faire l'État ?
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Le gouvernement envisage de nombreuses solutions pour sauver l'usine Ford de Blanquefort en Gironde. La doctrine de l'interventionnisme d'État est-elle une entrave à la libre concurrence et jusqu'où peut-elle aller ?

L'État pour sauver les entreprises françaises, c'est une proposition inattendue de la part d'Emmanuel Macron. Depuis 18 mois, le chef de l'État passe d'une ligne libérale à une position interventionniste. Le gouvernement envisage toutes les solutions, de la prise d'intérêts temporaire de l'usine Ford-Blanquefort (Gironde) à la nationalisation. Mais pour Éric Chaney, économiste libéral, conseiller économique à l'institut Montaigne, il s'agit d'un mauvais calcul. "L’État ne sait pas comment rendre une entreprise plus rentable et toutes les expériences passées ont montré en général que ce n'étaient pas de bonnes affaires, y compris Alstom", détaille-t-il.

Des astuces pour privilégier certaines entreprises

Le gouvernement envisage également d'interdire l'accès de Ford à des commandes publiques comme les voitures de la police nationale. Mais cela serait illégal et discriminatoire selon les spécialistes. Alors pour éviter cet écueil, les régions, comme les Hauts-de-France, ont trouvé des astuces pour privilégier certaines entreprises. "Il y a des clauses qui sont très claires. Si vous voulez privilégier des entreprises locales, vous prenez la fameuse empreinte carbone", explique Xavier Bertrand, le président de la région. Dans certains cas, intervenir peut être une stratégie payante comme c'est le cas pour les chantiers navals STX à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Le gouvernement avait eu recours à la nationalisation temporaire avant de trouver une sortie de crise, mais le groupe n'était alors pas en difficulté. Pour certains économistes, comme Élie Cohen, le bilan de ces interventions est plutôt négatif. L'État espère malgré tout que sa stratégie poussera Ford à accepter le repreneur.

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