Montebourg à Ayrault : "Si on continue comme ça, on va tous finir en string panthère dans les jardins de l'Elysée"

Un livre publié mercredi raconte les tensions entre le ministre du Redressement productif et le Premier ministre autour de Florange, en 2012. 

Jean-Marc Ayrault (à g.) et Arnaud Montebourg (à dr.) à Bouguenais (Loire-Atlantique), le 15 novembre 2012.
Jean-Marc Ayrault (à g.) et Arnaud Montebourg (à dr.) à Bouguenais (Loire-Atlantique), le 15 novembre 2012. (SEBASTIEN SALOM-GOMIS / SIPA)

L'ambiance était tendue entre Arnaud Montebourg et Jean-Marc Ayrault à l'époque de la possible nationalisation de l'usine ArcelorMittal de Florange, en novembre 2012. Dans Florange, la tragédie de la gauche, dont L'Express publie les bonnes feuilles mercredi 27 mars, la journaliste de France 2 Valérie Astruc et celle des Echos, Elsa Freyssenet, racontent plusieurs échanges cinglants entre le ministre du Redressement productif et le Premier ministre. 

La première scène se déroule le 28 novembre lors d'une réunion à Matignon consacrée aux négociations avec l'industriel ArcelorMittal. Alors que Jean-Marc Ayrault soutient le projet Ulcos, Arnaud Montebourg, lui, n'y croit pas et lance : "Je te rappelle que c'est le président qui est monté sur la camionnette [lors de sa visite à Florange durant la campagne électorale], si on continue comme ça, on va tous finir en string panthère dans les jardins de l'Elysée, tous !" "Et ce sera la prochaine une de magazine", rétorque Ayrault, piquant Montebourg qui s'était affiché en marinière sur la couverture du Parisien magazine.

Le seconde prise de bec a lieu quelques jours plus tard, une nouvelle fois à l'Elysée. Toujours furieux, Arnaud Montebourg menace de démissionner auprès de François Hollande, à qui il lance : "C'est bien simple, tu as nommé un élu local à la tête du gouvernement." Puis il reçoit un appel de Jean-Marc Ayrault et, désavoué, lui réplique : "T'envoies l'aviation mitrailler tes troupes, c'est ça ? (...) Et après ça, tu fais chier la terre entière avec ton aéroport de Notre-Dame-des-Landes dont tout le monde se fout", ajoute-t-il. "Désolé Arnaud, il n'a jamais été question de nationaliser", répond froidement l'ancien maire de Nantes.