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ArcelorMittal : après les heurts devant son QG, Sarkozy accuse les syndicats

Repoussés par les forces de l'ordre devant le QG de campagne du président candidat, les métallos ont annoncé qu'ils refusaient de rencontrer le chef de l'Etat lundi, comme prévu.

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Des ouvriers de l'usine ArcelorMittal de Florange ont manifesté devant le QG de campagne de Nicolas Sarkozy, à Paris, jeudi 15 mars 2012. (THOMAS SAMSON / AFP)

"Travailler plus pour gazer plus !" Venus protester devant le QG de Nicolas Sarkozy à Paris, les métallos du site d'ArcelorMittal à Florange (Moselle) ont été aspergés de gaz lacrymogène par la gendarmerie mobile, jeudi 15 mars à la mi-journée. En raison de ces échauffourées, ils ont décidé de boycotter la rencontre avec le chef de l'Etat prévue lundi. Retour sur un dialogue rompu. 

• Jeudi matin : Nicolas Sarkozy rappelle ses engagements

Interrogé par i-Télé jeudi matin, Nicolas Sarkozy a confirmé ses engagements vis-à-vis des salariés de l'aciérie mosellane. "On ne les oublie pas, a-t-il affirmé. Il y a 17 millions [d'euros] d'investissements qui viennent d'être décidés et qui ont commencé à être réalisés." Une annonce déjà faite par le chef de l'Etat le 1er mars et aussitôt relativisée par les syndicats, lesquels estiment que "cet argent correspond à des sommes déjà prévues". 

Nicolas Sarkozy a par ailleurs rappelé son intention de recevoir lundi prochain des représentants du site à l'Elysée. Le président candidat leur avait en effet proposé de s'entretenir avec eux en l'absence de tout décideur d'ArcelorMittal. En attendant, pas question de rencontrer les salariés venus manifester jeudi dans la capitale. "Les métallos [devant venir à Paris] ne sont pas représentatifs", a estimé le candidat UMP en quittant son QG vers 11h30 pour se rendre dans la Marne.

• Jeudi midi : des échauffourées éclatent entre forces de l'ordre et métallos

Entre 150 et 200 métallurgistes, soit quatre autocars affrétés par une intersyndicale CFDT-CGT-FO, ont fait le déplacement depuis Florange. Partis vers 7 heures, les métallos ont été escortés par des CRS dès le péage de Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne). Ils sont arrivés à midi dans le 15e arrondissement, près du QG de campagne du président candidat où un important dispositif policier avait été déployé. Avec pétards et feux de Bengale, ils ont alors demandé à être reçus par un membre de l'équipe de campagne, avant d'être repoussés par les forces de l'ordre.

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"Le candidat du peuple accueille le peuple avec des CRS, a déploré Edouard Martin, représentant CFDT au comité d'entreprise européen d'ArcelorMittal. Nous ne sommes pas venus dans un esprit d'affrontement mais dans un esprit de dialogue, faire de la pédagogie sur la situation de notre usine. (…) On n'a jamais dérapé, on est reçus avec des gaz lacrymogènes. On n'ira pas à l'Elysée lundi." La CGT a confirmé être sur la même longueur d'ondes, tandis que FO devrait se prononcer d'ici à vendredi.

• Jeudi après-midi : les salariés marchent vers la tour Eiffel

"Puisque tout [leur] est fermé", les salariés d'ArcelorMittal "vont faire monter la pression d'un cran", prévient le leader de la CGT, Jean Mangin. Faute d'avoir l'autorisation d'accrocher une banderole sur la tour Eiffel, les salariés de Florange ont décidé de la poser au pied de la tour, dont l'acier vient de Lorraine. "Les actions vont maintenant se durcir puisque Sarkozy nous prouve qu'il est le candidat de la fermeture et non de l'ouverture", a renchéri le responsable CFDT Edouard Martin.

Venue "apporter le soutien du PS" aux salariés d'ArcelorMittal, la députée socialiste de Moselle Aurélie Filipetti a déclaré que "les heurts de la rue de la Convention [étaient] des violences inacceptables et scandaleuses". "On ne peut pas gazer les sidérurgistes le jeudi et les inviter à l'Elysée le lundi", a-t-elle dit, dénonçant "un double langage".

En quittant le quartier de la tour Eiffel, les métallos devaient se rendre à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) au siège d'ArcelorMittal France. En engageant leur mouvement le 20 février, les syndicats ont fait une promesse. Faire de Florange "le cauchemar du gouvernement" si les deux hauts-fourneaux de l'aciérie, en sommeil depuis plusieurs mois, n'étaient pas remis rapidement en route.

• Jeudi en fin d'après-midi : Sarkozy accuse les syndicats

En marge d'une visite à Suippes (Marne), Nicolas Sarkozy pointe la responsabilité des syndicats. "Que les syndicalistes défendent les syndiqués et ne fassent pas de politique et la CGT se portera mieux (...). Je dis aux vrais salariés de Florange, ceux qui travaillent, que je suis à leur disposition", a déclaré le président-candidat, en ajoutant: "que la CGT ne pense pas qu'elle a un rôle politique à jouer dans cette campagne, ça ne lui va pas, ce n'est pas bien".

"Nous sommes aujourd'hui jeudi et je propose de les recevoir lundi et c'est ca qui pose problème ?", a-t-il demandé. "Le problème c'est qu'il font de la petite politique et qu'ils se moquent bien des salariés, c'est une petite manoeuvre et mon rôle n'est pas de m'y laisser embarquer".

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Peu de temps après cette séquence, un journaliste de LCI a interrogé de nouveau le président candidat au sujet des échauffourées qui ont éclaté devant son QG. "Qu'est-ce que vous voulez que j'ai à foutre de ce que vous me dites ?", répond Nicolas Sarkozy ajoutant "couillon va" au journaliste.

 

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