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Florange : Bernard Thibault dénonce "un renoncement condamnable" du gouvernement

Le secrétaire général de la CGT regrette que le gouvernement n'ait pas choisi l'option de la nationalisation pour sauver le site d'ArcelorMittal à Florange. Une "participation directe" du gouvernement aurait été "plus utile" que les 20 milliards d'euros de crédit d'impôts aux entreprises du plan de compétitivité.
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Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

Comme les salariés du site de Florange, Bernard Thibault ne
digère pas l'accord annoncé vendredi par Matignon entre le gouvernement et la
direction d'ArcelorMittal. Pour le secrétaire général de la CGT, la meilleure
option était la nationalisation temporaire du site.

"Il faut comprendre
pourquoi les salariés ont des mots durs. Un rapport paru en juillet dernier
recommandait à l'Etat une participation directe dans Florange. Je qualifierais
de renoncement condamnable du gouvernement
" la décision de ne pas nationaliser.
Bernard Thibault rappelle que l'option était envisagée par beaucoup de
responsables politiques, tous bords confondus. "Mais il a fallu que le
Medef fasse la grosse voix pour que ça pose problème
". Or, "le site
de Florange peut jouer un rôle stratégique mais il faut une volonté politique
".

"Je ne crois pas que Florange soit sauvé"

Pour Bernard Thibault, la direction d'ArcelorMittal n'est
pas digne de confiance. "Nous sommes bien informés par les attitudes de
Mittal. Le dernier plan du genre a été pratiqué en Belgique. Aujourd'hui, les
activités sont rompues. Le groupe a déjà des problème de trésorerie
gigantesque.
"

Le leader de la CGT craint surtout pour la filière chaude du
site de Florange. "Les 180 millions d'euros d'investissement, c'est pour
la filière froide et c'est déjà ce qui était prévu. Mais la décision de ne pas
redémarrer la filière chaude laisse entendre qu'on la condamne
".

Plan de compétitivité : "20 milliards d'euros sans
contreparties"

Bernard Thibault estime que la nationalisation du site
ArcelorMittal aurait été plus utile que les crédits d'impôts pour les
entreprises annoncés par le gouvernement dans le cadre du plan de
compétitivité.

"Cela ne semble choquer personne en période de pénurie des
finances publique que 20 milliards d'euros soit versés sans contreparties, de création
d'emplois. Un montant versé quelque soit la situation des entreprises: celles
qui donnent tout aux actionnaires comme celles qui sont réellement en
difficulté.
"

Marché du travail : "On ne signera pas la réforme s'il
y a plus de flexibilité"

Bernard Thibault refuse d'entendre parler de "la
flexibilité" réclamée par Laurence Parisot. "Le patronat nous dit :
le chômage fera l'emploi de demain. On nous a déjà imposé toute une série de
réformes dans le droit du travail : plus de flexibilité sur les horaires, les
critères de recrutement et les ruptures conventionnelles.
"

Le Medef
prévient qu'il refusera de signer la réforme s'il n'y a pas plus de "flexibilité"
? "Eh bien, on ne signera pas non plus s'il s'agit de mettre plus de
flexibilité. Notre rôle de protection des salariés nous l'interdit.
"

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