Florange : Ayrault assure qu'il n'y aura "aucun licenciement", les syndicats se sentent "trahis"

Le Premier ministre était l'invité du journal de 20 heures après avoir reçu les syndicats à Matignon. Il a tenté d'apaiser la situation.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, invité du 20 heures de France 2, quelques minutes après une réunion avec les syndicalistes de Florange, le 5 décembre 2012 à Matignon.
Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, invité du 20 heures de France 2, quelques minutes après une réunion avec les syndicalistes de Florange, le 5 décembre 2012 à Matignon. ( FRANCE 2 / FRANCETV INFO)

FLORANGE - Invité du journal de 20 heures de France 2 mercredi 5 décembre, Jean-Marc Ayrault a été questionné sur l'accord signé par le gouvernement avec Arcelor-Mittal quant à l'avenir du site de Florange (Moselle). Essentiellement sur la défensive, le Premier ministre, dont la gestion du dossier fait polémique, a soutenu avoir choisi "l'option courageuse, la plus favorable à l'emploi, la plus favorable à l'avenir". Quelques minutes auparavant, dans la cour de Matignon, les syndicats criaient leur colère, malgré les deux heures de discussions qu'ils venaient d'avoir.

"La logique du gouvernement rejoint la logique industrielle de Mittal et c'est dangereux"

"On sort de Matignon avec des questions sans réponse", lâche, dégoûté, Edouard Martin, le délégué CFDT de Florange, mercredi 5 décembre, dans la cour de Matignon. A l'issue de leur rendez-vous avec Jean-Marc Ayrault, censé lever leurs doutes quant à l'accord signé entre le gouvernement et l'industriel Mittal, les syndicats du site sidérurgique mosellan n'ont pas caché leur dépit. 

"Nous contestons l'accord qui a été signé (...), aujourd'hui la logique du gouvernement rejoint la logique industrielle de Mittal et c'est dangereux", s'est insurgé Yves Fabbri, le délégué CGT. Son syndicat "refuse l'accompagnement social de cet accord, (...) cette politique de casse qui va entraîner de la précarité supplémentaire en Lorraine"

"On se sent trahis, dix-huit mois de lutte pour en arriver là, à rien, une coquille vide", a renchéri Norbert Cima, élu FO qui assure avoir "supplié" le Premier ministre d'envisager un autre projet. "On lui a dit (à M. Ayrault) que la tente du village gaulois reste plantée en Lorraine. La résistance continue, le combat continue, c'est pas terminé", a prévenu Edouard Martin, sceptique concernant les investissements promis par la direction d'Arcelor Mittal.

 

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"L'objectif du président, 'pas de plan social' est tenu"

"Nous nous sommes expliqués avec franchise", a de son côté estimé Jean-Marc Ayrault alors que les syndicats ont exprimé leur très forte déception après leur rendez-vous à Matignon. Selon lui, "l'objectif prioritaire, celui pris par le président de la République" à savoir "pas de plan social", a été respecté. "Il n'y aura pas de licenciement", a-t-il martelé à plusieurs reprises, jugeant que "beaucoup de Français aimeraient avoir un tel résultat".

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Interrogé sur les couacs qui ont émaillé la gestion du dossier par le gouvernement, Jean-Marc Ayrault a botté en touche : "C'est une affaire sérieuse". Concernant l'hypothèse d'un repreneur évoquée dès le 28 novembre, "il aurait fallu exproprier Mittal et cela aurait couté au moins 1 milliard d'euro sans garanties pour l'emploi", a-t-il expliqué. 

Enfin, il a annoncé la "mise en place d'un comité de suivi" afin que l'accord sur Florange "soit respecté".