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ArcelorMittal : pas de sortie de crise en vue à Florange

Après l'échec de la réunion d'hier, la direction et les syndicats n'ont pas trouvé d'accord. 

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Des ouvriers de l'usine ArcelorMittal bloquent l'accès au site de Florange (Moselle), le 8 mars 2012. (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

Les piquets de grève vont être levés, mais rien n'est réglé à Florange. Selon les syndicats, la réunion de facilitation organisée vendredi 9 mars sous l'égide de l'Etat entre la direction et les syndicats pour mettre fin au blocage de l'usine ArcelorMittal, s'est soldée par un échec.

• Que demandent les ouvriers ? 

Les ouvriers réclament le redémarrage de deux hauts-fourneaux de l'usine, en sommeil depuis plusieurs mois. L'usine est par ailleurs partiellement bloquée depuis lundi. Pour sa part, la direction assure que cette mise en veille n'est que temporaire et qu'elle est rendue nécessaire par une baisse conjoncturelle de la demande mondiale d'acier. ArcelorMittal a justifié jeudi sa décision en affirmant que faire fonctionner l'ensemble des aciéries à un rythme réduit n'est pas une solution viable pour le groupe.

ArcelorMittal a mis en veille, ces derniers mois, 9 de ses 25 hauts-fourneaux européens, dont deux fermeront définitivement à Liège (Belgique). Mais certains devraient être relancés en avril, d'après Nicolas Sarkozy. Le président candidat a annoncé le 1er mars un investissement de 17 millions d'euros pour moderniser le site. Une déclaration critiquée par le PS qui relève que "cet argent correspond à des sommes déjà prévues, et sur des parties non menacées du site".

• Qu'ont donné les tentatives de médiation ? 

Pas grand-chose, à en croire les syndicats, qui ont cependant annoncé la levée du piquet de grève malgré leur détermination jusqu'ici sans faille. "La direction n'a pas voulu entendre raison", a regretté le responsable de la CFDT, Edouard Martin, à l'issue d'une réunion d'une heure et demie. "Le texte qui nous a été présenté ne comprenait aucune avancée. Ils ne nous ont même pas garanti par écrit une poursuite de l'exploitation jusqu'au 31 mars 2013." La veille, la direction du site mosellan et les représentants de l'intersyndicale CFDT-CGT-FO-CFE/CGC s'étaient déjà réunis pendant cinq heures, sous la conduite du sous-préfet de Thionville. Sans résultat.

• Et maintenant ?

La direction du site ArcelorMittal de Florange (Moselle) a aussitôt appelé les syndicats à revenir autour de la table. Dans un communiqué, elle se dit "prête à reprendre un dialogue social serein et constructif avec l'ensemble des organisations syndicales dans les plus brefs délais".

De son côté, le préfet de la Lorraine assure que les promesses formulées par Nicolas Sarkozy sont "garanties". Selon lui, "les travaux de maintenance (du P6) vont être entrepris tout de suite pour que l'outil puisse être prêt le moment venu", a encore souligné le préfet de Lorraine, ajoutant toutefois qu'"il n'existait pas de garantie pour son rallumage". Malgré tout, le haut fonctionnaire s'est montré confiant. "Après ces discussions (de vendredi), j'ai le sentiment qu'ArcelorMittal a l'intention de conforter et de pérenniser son activité et sa présence à Florange."

Les ouvriers sont convoqués, lundi, en assemblée générale à Florange. Ils se prononceront, par vote, sur la poursuite du mouvement.

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