Vidéo "Cash Investigation" : "C’était pour mettre un bâton de plus dans le tableau"... Les pratiques de certains conseillers bancaires pour être bien notés par leur hiérarchie

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Durée de la vidéo : 3 min.
VIDEO. "Cash Investigation" : "C’était pour mettre un bâton de plus dans le tableau"... Les pratiques de certains conseillers bancaires pour être bien notés par leur hiérarchie
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France Télévisions

Sur un tableau, des dizaines de colonnes avec des noms, des chiffres, des produits financiers... Entre les conseillers du Crédit Agricole, c’est la course pour placer leurs produits, pour être bien classé dans ce tableau d’honneur… Un extrait de "Nos très chères banques", une enquête de Mathieu Robert diffusée jeudi 4 février 2021 sur France 2.

Muriel travaille pour l’une des 39 caisses régionales du Crédit Agricole, celle de Champagne-Bourgogne d’où remonte un document confidentiel vers "Cash Investigation" (replay). L’activité de chaque conseiller, soit 900 personnes dans cette zone, y est consignée en détail. A chaque nom sont accolées des milliers de données : les performances professionnelles de chaque employé. On peut y retrouver combien Muriel a vendu de contrats d’assurance, de produits d’épargne… 

Et elle est classée sur absolument tout : "Oui, que ce soit sur l’activité, la conquête de nouveaux clients, l’assurance, les financements… On est absolument suivi sur tout", confie-t-elle. Une colonne du document indique également la place de chaque salarié par rapport à ses collègues : "Ce n’est pas votre attitude qui va être jugée, ce sont vos résultats. Cela peut pousser certains à faire des choses qui sont plus ou moins propres. Comme des souscriptions de contrat dont les clients ne sont pas forcément au courant…"

"Un client était au minimum vieillesse et avait déjà beaucoup d’assurances"

"Certains contrats sont même faits sans être signés. Ce sont des choses qui arrivent assez fréquemment…" précise Muriel. Des contrats souscrits sans l’accord des clients ? Un autre conseiller affirme avoir été témoin de ces dérives. "Victor" a travaillé dans plusieurs agences de la région Champagne-Bourgogne. Cela lui est-il personnellement arrivé ? "Malheureusement oui. Dans le cas d’un client qui vous fait confiance, une personne qui était au minimum vieillesse et avait déjà beaucoup d’assurances…"

"C’était une assurance supplémentaire qui aurait pu l’aider à un moment donné, mais qui était incompatible avec ses finances actuelles… C’était pour mettre un bâton de plus dans le tableau. Ce qui prime encore une fois, c’est le résultat. Peu importe la manière. Si vous n'êtes pas dans les clous, on vous le dit. Vous ne pouvez pas y échapper", précise-t-il sous couvert d'anonymat.

>> Interrogée par Elise Lucet sur ces pratiques, Véronique Faujour, secrétaire générale du Crédit Agricole, estime que "ce sont des pratiques absolument contraires à ce qu'on souhaite. On est absolument en faute lorsqu’on fait ce genre de choses. C'est contraire à notre culture."

Un extrait de "Nos très chères banques", une enquête de Mathieu Robert diffusée jeudi 4 février 2021 à 21h05 sur France 2.

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