Aides à domicile, assistantes maternelles : des parlementaires font des propositions pour revaloriser les "métiers du lien"

Le député LFI François Ruffin et Bruno Bonnell, député LREM, rendent mercredi les conclusions de leur rapport commun autour de ces métiers "pas assez reconnus". 

Marielle, aide à domicile, s\'occupe des tâches ménagères d\'une personne âgée, à Amélie-les-Bains (Pyrénées-Orientales), le 28 avril 2020. 
Marielle, aide à domicile, s'occupe des tâches ménagères d'une personne âgée, à Amélie-les-Bains (Pyrénées-Orientales), le 28 avril 2020.  (LIONEL PEDRAZA / HANS LUCAS / AFP)

Aides à domicile, assistantes maternelles, animatrices : les métiers "du lien", majoritairement exercés par des femmes et souvent précarisés, nécessitent une forte revalorisation de salaire et un "changement de regard" de la société, plaident mercredi 24 juin Bruno Bonnell (LREM) et François Ruffin (LFI), dans un rapport présenté à l'Assemblée.

Dans ce texte, les deux députés, aux positions souvent divergentes, appellent à mettre la main au porte-monnaie pour "les métiers qui permettent de tisser du lien du berceau à la tombe". Ils dressent 43 propositions pour améliorer les conditions d'exercice des assistantes maternelles, accompagnantes d'enfants en situation de handicap (AESH), animatrices périscolaire, et aides à domicile, particulièrement mises en lumière pendant la crise du coronavirus.

Ces métiers, qui pourraient représenter quelque 2 millions d'emploi d'ici 2040, ont en commun "d'être essentiels au vivre-ensemble mais d'être, paradoxalement, fortement précarisés", écrivent-ils.

Mieux rémunérer les déplacements des aides à domicile 

Comptage des heures complexe, fragmentation des journées de travail, temps partiels subis : "les rémunérations y sont extrêmement faibles, les formations continues insuffisantes et les conditions de travail très souvent pénibles, tant sur le plan physique que psychique", poursuivent-ils.

"L'absence de revenu suffisant et de vrai statut s'explique par la grande tolérance de la société à la précarité de ces métiers : cette tolérance vient du fait qu'ils sont très majoritairement exercés par des femmes, identifiés comme proches de la sphère domestique et très peu techniques", ajoutent-ils.

Pour rendre ces métiers plus attractifs, ils proposent par exemple, pour les aides à domicile, de mieux rémunérer les déplacements et de fixer un minimum d'une heure d'intervention à domicile pour les publics fragiles.

Plus de formation initiale pour les assistantes maternelles 

Après la polémique sur leur manque d'équipements au début de l'épidémie, ils plaident en outre pour qu'elles soient "inscrites dans les répertoires nationaux des professions de santé". Ils veulent également qu'elles aient "le même niveau de priorité pour l'accès au matériel de protection, et la possibilité de disposer d'une carte professionnelle et d'un macaron professionnel pour leur véhicule".

Pour les assistantes maternelles, qui gardent des enfants chez elles, ils souhaiteraient permettre à un plus grand nombre de travailler avec quatre agréments, c'est-à-dire de pouvoir garder quatre enfants, et un doublement de leur formation initiale pour offrir plus de perspectives.

Pour les AESH et les animatrices du temps périscolaire, là encore très souvent des femmes, ils réclament de revoir la grille indiciaire et de leur permettre un statut "plus protecteur" en les intégrant à la fonction publique territoriale ou à la fonction publique d'État.