Déconfinement : "C'est une injustice totale, ça ne rime à rien, on est les oubliés", regrette un patron de boîte de nuit

Les discothèques n'ont toujours pas de date de réouverture, selon le calendrier de déconfinement présenté jeudi par le chef de l'État.

Article rédigé par
Cyrille Ardaud - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
La boîte de nuit de Michael Fox, dans le 2e arrondissement de Paris, en avril 2021. (CYRILLE ARDAUD / RADIO FRANCE)

"C'est fermé depuis un an, mais il y a encore de la lumière. Mais par contre il n'y a plus de musique, plus de DJ, plus de danseurs, plus de barman", témoigne, amer, Michael Fox patron d'une boîte de nuit, dans le 2e arrondissement de Paris. La réouverture des discothèques n'apparaît pas dans le calendrier de déconfinement, présenté jeudi 29 avril par Emmanuel Macron, alors que l'épidémie de Covid-19 est encore à un niveau important en France.

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La piste de danse est à peine visible, sous la poussière et les cartons qui ont été entassés là, des mégots traînent encore. Michael Fox regarde son établissement avec mélancolie : "Cela fait plus d'un an effectivement que personne n'a dansé dans cet endroit. Je me rappelle très bien, c'était une fête où les gens se sont bien amusés pour se dire 'au revoir et à très bientôt'. Ce n'est plus un au revoir maintenant, c'est un adieu."

"On se pose des questions : est-ce que c'est un 'fait exprès' ? Est-ce qu'on veut faire disparaître la nuit en France ?"

Michael Fox, gérant d'une boîte de nuit

à franceinfo

Après plus d’un an de fermeture contrainte, Michael Fox est révolté. Il ne comprend pas pourquoi les boîtes de nuits sont les seuls lieux à ne pas avoir de date de réouverture. "C'est une injustice totale, ça ne rime à rien. Il n'y a plus d'arguments, on est simplement les oubliés."

Un autotest couplé au billet d'entrée ?

Les boîtes de nuits sont des endroits clos, où les gens sont proches les uns des autres, et où l’on peut craindre un non-respect des gestes barrières en raison notamment de la consommation d’alcool. Alors Michael Fox plaide pour des autotests : "Un autotest, c'est 15 minutes maximum pour avoir le résultat. Donc je me dis qu'on peut tout à fait, nous exploitants, se dire que c'est trois euros par client. Pourquoi pas, c'est un investissement. Mais en même temps, si on a 500 clients dans notre établissement, ça fait 1 500 euros. Chacun fait son autotest, et tous ceux qui sont négatifs peuvent rentrer. Il n'y a aucun risque !"

"Au lieu de faire la queue devant un club pour rien, juste pour attendre son tour, faisons un autotest."

Michael Fox, gérant d'une boîte de nuit

à franceinfo

D'autant que selon le gérant, boîtes de nuit ou pas, les gens ont besoin de faire la fête. "On n'imagine pas une seconde que les gens ne dansent pas cet été, c'est impossible. Ce seront des trucs clandestins, des terrasses qui vont mettre un peu de musique et les gens vont en profiter, etc. Sur le littoral, ils vont mettre des bateaux pour aller relativement loin des côtes, avec 50, 100, 150 personnes, ils vont faire ça tous les soirs. Et là, il va y avoir une vraie injustice qui va se créer à nouveau."

Beaucoup de boîtes de nuit risquent de ne pas survivre à cette crise sanitaire. Les facture s’accumulent, les établissements parisiens ont des loyers qui atteignent 50 000 euros et en face, une somme importante au regard des 15 000 euros d’aide maximum.

Les boîtes de nuit toujours fermées, le reportage de Cyrille Ardaud
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