Dans les villages de l'Essonne, couvre-feu et fermeture des bars menacent le lien social

Loin des métropoles, ils pensaient échapper aux restrictions. Mais face à la propagation du virus, de nombreux départements ont basculé en alerte maximale y compris en zone rurale. Résultat, en plus du couvre-feu, les bars ont dû baisser le rideau. C’est souvent, le dernier endroit dans les villages où les habitants peuvent se retrouver. Exemple en Essonne.

À Corbreuse, petit village du sud-ouest de l’Essonne de 1700 âmes, le bar-tabac de Christophe est le dernier lieu de convivialité. Alors ici, loin des grandes villes et de la concentration de population, le couvre-feu et la décision de fermer les bars passent mal. Plus de rassemblement, plus de discussions endiablées autour des courses hippiques et plus d’apéros où tout le village ou presque se croisait dans une ambiance conviviale. Ici comme dans d’autres territoires ruraux dans le pays, tous l’affirment, c’est le lien social qui est en danger avec cette fermeture.

Bar en sursis

Si les habitués sont déçus de cette décision, le patron, lui, est plus qu’inquiet pour l’avenir de son établissement. S’il peut continuer à vendre tabac, presse et jeux, la fermeture de la partie bar pourrait lui coûter très cher si elle devait se poursuivre au-delà des six semaines annoncées. Cela représente en temps normal 90% de son chiffre d’affaires. Après le confinement du printemps, ces nouvelles restrictions pourraient avoir raison de son activité et entraîner la disparition de ce lieu si important pour la vie d’un village rural car souvent le dernier commerce restant.  

Le couvre-feu, ce n'est pas qu'en ville. Les départements ruraux comme la Seine-et-Marne doivent aussi s'y soumettre. Et la fermeture du bar-tabac, souvent le seul commerce, est un coup dur.

Publiée par France 3 Paris Ile-de-France sur Dimanche 25 octobre 2020
Photo d\'illustration.
Photo d'illustration. (THOMAS COEX / AFP)