Covid-19 : le secteur de l'événementiel, exsangue, demande "simplement de pouvoir retravailler"

Le secteur de l'événementiel, gravement touché par les conséquences économiques de la crise sanitaire, attend beaucoup de l'interview d'Emmanuel Macron mercredi 14 octobre au soir sur TF1 et France 2.

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Radio France
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Une fête de mariage, le 22 août 2020 (MATTHIEU DE MARTIGNAC / PHOTOPQR / LE PARISIEN / MAXPPP)

"Pour les six mois à venir, il n'y a rien dans les carnets de commandes", explique mercredi 14 octobre sur franceinfo Jean-Paul Achkoyan, propriétaire d’un lieu de réception dans le mâconnais. Ce professionnel dont l'activité principale est la réception de mariages demande "simplement de pouvoir retravailler à partir de la saison 2021".

franceinfo : Quel premier bilan tirez-vous de cette année 2020 dans votre secteur ?

Jean-Paul Achkoyan : "Les mariés de mai, juin, juillet et août ont tous voulu reporter leur réception. Et le jour où nous avons pu rouvrir, le 2 juin, nous n'avons pas eu de clients puisqu'on avait reporté toutes les prestations. Il y a un impact pour les lieux comme nous, mais aussi pour les traiteurs, les photographes, les extras et toutes les personnes qui gravitent dans ce milieu.

Est-ce que vous avez une visibilité pour le printemps prochain ?

"On a des perspectives à court terme. Et pour les six mois à venir, il n'y a rien dans les carnets de commandes. Il n'y a plus aucun événement, plus aucun mariage, plus aucun séminaire, plus aucune foire. Tout ça, ça va être annulé. Les perspectives pour les six mois à venir, c'est zéro euros de chiffre d'affaires. Les restrictions de rassemblement à 30 personnes [annoncées par Olivier Véran le 23 septembre] sont tellement draconiennes que tout le monde veut reporter ou annuler."

Qu'est-ce que vous attendez ? Qu'est-ce que vous espérez d'Emmanuel Macron ce soir ?

"Tout simplement de pouvoir retravailler à partir de la saison 2021. Dans mon cas, les mariages commencent début avril. Si les conditions en janvier, février et mars sont les mêmes qu'aujourd'hui, nous ne pourrons pas reprendre le boulot parce que tous les mariés et les organisateurs d'événements vont nous contacter en nous demandant de bien vouloir reporter leurs événements d'avril, mai, juin. Et on devra le faire à l'amiable car il n'y a rien pour encadrer tout ça."

Que faut-il ? Des aides supplémentaires, comme les intermittents du spectacle? Une année blanche ?

"Ce qu'on attend, c'est d'arrêter de sortir de l'argent. On a brûlé notre trésorerie ces six derniers mois et on va continuer à le faire les six mois qui viennent. À un moment donné, il n'y en aura plus. On ne pourra plus faire face aux impôts, aux taxes, aux charges et bien entendu, aux remboursements des prêts qui ont été mis en suspens. Ça reprend au mois d'octobre, il faut recommencer à rembourser des prêts. Et ce dont on a besoin aujourd'hui, c'est de pouvoir retravailler."

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