Covid-19 : des restaurateurs réclament de la visibilité sur une date de réouverture

Le Premier ministre Jean Castex doit s'exprimer jeudi 7 janvier 2021 dans la soirée sur la situation sanitaire. Il doit confirmer notamment que les restaurants et bars ne pourront rouvrir le 20 janvier étant donné le niveau de l'épidémie de coronavirus. Des restaurateurs parisiens racontent leurs difficultés.

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Rémy, propriétaire du pub Hoppy Corner, dans le quartier du Sentier. (Grégoire Lecalot/RADIO FRANCE)

Un premier confinement, puis un deuxième, après une réouverture cet été, c'en est trop pour Rémy, installé dans le quartier du Sentier à Paris. Il a transformé son pub en cave à bières. Il a très peu de clients dans l'après-midi. Ce qui l'inquiète, c'est le manque de visibilité à long terme. "On ne sait pas ce qui va se passer. On ne sait pas si on va pouvoir tenir, si on peut tenir", témoigne Rémy. "Avec le loyer et le reste, je dois sortir entre 15 à 20 000 euros par mois en charges fixes. Avec 10 000 euros d'aides de l'Etat je ne vais pas très loin", ajoute-t-il.  

Les restaurateurs veulent une date

Alors que Jean Castex doit s'exprimer, il aimerait que le Premier ministre donne une date de réouverture pour les bars et restaurants. Une date même lointaine lui conviendrait. Tout comme Rémy, pour Victor et Camille, le pire c'est l'incertitude.   Il y a deux ans Victor et Camille, sommeliers de profession, ont ouvert un restaurant près du canal Saint-Martin à Paris. Leur cuisine est en sommeil, tout comme la salle, un crève-cœur : "On a enlevé toutes les tables, puisqu'on n'a que l'activité de caviste le week-end", indique Victor.  

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Quand ils ont ouvert ce lieu, ils comptaient faire tourner dans leur restaurant des chefs étrangers. Une idée originale, mais qui est difficile à mettre en œuvre en ces temps de pandémie. "L'idée, c'était d'aller à côté de la France mais comme tous les pays sont à l'arrêt, ça ne nous donne aucune visibilité", regrette Camille, dépitée.

"De plus, faire venir un chef ça nous donne un niveau de charges fixes qui est juste monstrueux et qui n'est pas vivable du tout. On perdrait de l'argent."

Camille

à franceinfo

"On a regardé un peu toutes les aides qui étaient destinées aux chefs d'entreprises et il y en a très peu. La protection des salariés qui a été très bien faite avec le chômage partiel, nous on n'y a pas accès", renchérit Victor.  

  Camille et Victor, patrons du restaurant Early June, près du canal Salnt-Martin à Paris. (GRÉGOIRE LECALOT / RADIO FRANCE)

Pour eux, il n'est pas question de remettre la cuisine en service. La vente de vin à emporter ne représente que 10% de leur chiffre d'affaires. Et malgré l'aide d'Etat de 10 000 euros, Victor trouve la situation de plus en plus difficile : "Pendant ce deuxième confinement par rapport au premier confinement il y a beaucoup moins d'efforts" de la part des banques et de notre bailleur, parce que "le loyer, il faut qu'on le paye alors qu'au premier confinement on n'avait pu reporter notre loyer", détaille Victor.

"Les échéances de prêts de la banque, au premier confinement c'était automatiquement reporté. Cette fois-ci ce n'est pas reporté. On est obligés d'avoir une activité minimum en plus des aides qui nous sont fournies pour pouvoir payer toutes ces charges fixes."

Victor

à franceinfo

Pour assurer la survie de l'entreprise, ils n'ont pas d'autres solutions que de se serrer la ceinture. Ils ne se payent plus et pour subvenir à leurs frais personnels, ils doivent solliciter l'aide de leurs parents. "Au quotidien on a demandé de l'aide de nos parents pour pouvoir payer le loyer de notre appartement et nos courses. On est dans une position assez difficile mentalement de devoir demander de l'argent aux parents pour nous aider", avoue Victor.    

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