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"C'est des gens qui ont envie de s'en sortir" : face à la pénurie de personnel, un restaurant parisien recrute des migrants

Dans le 2e arrondissement de Paris, le restaurant Le Mesturet embauche déjà des migrants alors que les professionnels de la restauration et de l'hôtellerie viennent de proposer cette solution au gouvernement face à la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur.

Article rédigé par
Simon de Faucompret - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Régis Fève, chef de cuisine, et Alain Fontaine, propriétaire du restaurant Le Mesturet, le 2 mars 2016. (FACEBOOK / LE MESTURET)

Faute de candidats, l'hôtellerie-restauration a sans doute trouvé une solution. Il s’agit de recruter des migrants dans ce secteur où il y avait 100 000 emplois non-pourvus en juillet, selon l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH). "Je trouve que c'est une très bonne chose", estime Régis Fève. Le chef de cuisine du bistrot Le Mesturet, à Paris, a déjà recours à cette possibilité. Dans ce restaurant du 2e arrondissement parisien, ils sont 25 employés, six apprentis, dont deux migrants.

L'avantage de ces jeunes est qu'ils ont vraiment envie de travailler, ils en veulent. C'est vraiment des bons garçons.

Régis Fève, chef de cuisine

Le Mesturet n'a pas attendu l'appel des syndicats du secteur à faciliter l'embauche et même la régularisation par le travail des migrants. "Si quelqu'un est volontaire, a envie de travailler, a envie de découvrir, nous on fait tout notre possible pour l'encourager et l'aider à tous les niveaux", explique Régis Fève.

Bakari, 19 ans, récemment embauché, et Abdulaï, 18 ans, en apprentissage depuis un mois, ont pu profiter de cette initiative prise par l'établissement parisien. "Quand Bakari est arrivé chez nous, il a fallu qu'on lui fasse suivre des cours de français, parce qu'il peinait à lire. Maintenant, il va très bien, il n'y a pas de souci", raconte Régis Fève. "Je maintiens que c'est des gens qu'il faut aider parce qu'ils ont envie de s'en sortir, ces gamins ont envie de s'en sortir", insiste-t-il.

Abdulaï, un rêve qui aurait pu être brisé

À l'origine de cette idée, il y a le propriétaire des lieux, Alain Fontaine. Restaurateur depuis 44 ans, il se rappelle de sa rencontre avec Abdulaï, alors à peine arrivé du Mali. "Ce garçon est rentré chez moi pensant qu'il était pris dans un CFA et en fin de compte, il n'était pas pris. Il avait été refusé", se souvient-il. La cause du refus de ce centre de formation des apprentis est l'irrégularité administrative du jeune homme. "Le jour où je me suis aperçu qu'il était refusé, je l'ai vu pleurer. Et ça, c'est inacceptable", estime Alain Fontaine.

On ne peut pas voir des gens pleurer dans notre bureau parce qu'ils ont peur de repartir.

Alain Fontaine, restaurateur

à franceinfo

Cette situation n'a pas empêché le restaurateur de l'embaucher, en toute connaissance de cause. "Ce garçon était doué pour la cuisine, et il voyait tous ses rêves s'écrouler. On pouvait pas permettre ça", insiste-t-il. Aujourd'hui, la procédure de régularisation d'Abdulaï est en cours et il gagne autant que les autres apprentis de première année, à savoir 670 euros mensuels.

Embaucher des migrants pour pallier à la pénurie de personnel - reportage de Simon de Faucompret
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