Pierre Rabhi, figure de l'agroécologie, est mort à l'âge de 83 ans

Ce militant de la cause écologiste était l'auteur notamment de "Vers la sobriété heureuse", vendu à plus de 460 000 exemplaires.

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France Télévisions
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Pierre Rabhi répond à une interview, le 21 avril 2010, à Montréal (Canada). (YP-BO / NEWSCOM / SIPA)

L'agroécologie perd l'une de ses principales figures en France. L'écrivain et philosophe Pierre Rabhi, cofondateur du mouvement Colibris, est mort, samedi 4 décembre, à l'âge de 83 ans, des suites d'une hémorragie cérébrale, a annoncé sa famille. Ce militant de la cause écologiste était l'auteur notamment de Vers la sobriété heureuse (2010), vendu à plus de 460 000 exemplaires. Le réalisateur Cyril Dion, proche de Pierre Rabhi, a salué "un pionnier du retour à la terre", qui a été "un des premiers à avoir alerté sur les méfaits de la croissance" sur le vivant. "Tout ce qu'on entend aujourd'hui, Pierre le disait déjà il y a plus de 45 ans", a-t-il souligné sur franceinfo.

Mort de Pierre Rabhi : la réaction de Cyril Dion

Né en 1938 aux portes du Sahara algérien, ce pionnier du néoruralisme s'était installé en 1961 dans une ferme du sud de la France. Il restera comme l'un des pionniers de l'agroécologie, une pratique agricole visant à régénérer le milieu naturel en excluant pesticides et engrais chimiques.

Un lanceur d'alerte sur "l'urgence écologique"

Ses ouvrages ont rencontré à chaque fois un succès indéniable. Avec Cyril Dion, il a cofondé le mouvement citoyen des Colibris, qui appelle chacun à agir à son échelle et à prendre part à des actions locales, comme les jardins partagés, les fermes pédagogiques ou encore les circuits d'approvisionnements courts. Référence dans le sérail écologiste et altermondialiste, Pierre Rabhi a connu une certaine exposition médiatique en 2002, lors d'une éphémère candidature à la présidentielle, pour déjà "introduire dans le débat l'urgence écologique et humaine". Père de cinq enfants, il a ensuite partagé son temps entre interviews, animation de ses fondations, conférences et rédaction d'ouvrages.

Certains, comme le site d'information Mediapart (article réservé aux abonnés), se sont interrogés sur son "écologie inoffensive", estimant que sa philosophie, selon laquelle il fallait agir par la transformation de soi et non du monde, ne pourrait suffire à résoudre les crises écologiques. Certaines prises de position sociétales réactionnaires lui ont également valu des critiques, rappelait le site Arrêt sur images. Il avait notamment écrit que "la validation de la famille 'homosexuelle'" était "dangereuse pour l'avenir de l'humanité", dans un essai paru en 2013, car elle était par définition "inféconde". En 2018, il avait également estimé qu'il ne "faudrait pas exalter l'égalité" entre les femmes et les hommes, jugeant préférable de parler de "complémentarité".

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