"On est au fond du trou" : face au Covid-19, les professionnels du tourisme entre fatalisme et espoir d'une belle saison estivale

L'annonce du confinement national et d'un regroupement des vacances pour toutes les zones obligent les hôteliers à faire une croix sur le mois d'avril. Certains veulent croire à la promesse d'Emmanuel Macron d'un retour à une vie plus normale d'ici mi-mai.

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Radio France
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Dans les stations balnéaires, les professionnels vont devoir faire une croix sur le mois d'avril à cause des mesures anti Covid-19 annoncées le mercredi 31 mars. Photo d'illustration de Saint-Jean de Monts, en vendée. (MATHIEU THOMASSET / HANS LUCAS)

C'est un peu comme si le ciel était tombé sur la tête des professionnels du tourisme mercredi 31 mars avec les nouvelles restrictions sanitaires contre le Covid-19 annoncées par Emmanuel Macron. Des vacances scolaires de printemps plus tôt que prévues regroupées pour toutes les zones et surtout avec des contraintes plus importantes.

Du personnel recruté pour rien

Lorsque les vacances de pâques vont commencer samedi 10 avril, pour 15 jours, il sera impossible partout en France de passer d'une région à l'autre sauf motif impérieux. Les vacances n'en font pas partie. Or, il y avait un frémissement du côté des réservations. Chez Gîtes de France, 50 000 contrats avaient été signés et puis patatra, les demandes d'annulation ont commencé à arriver mercredi soir. Adieu ces 25 millions d'euros de rentrées pour les loueurs.

Même douche froide pour les hôteliers, selon Laurent Duc, à la tête de la branche hôtel du syndicat UMIH : "Tous les hôtels de la côte d'Azur qui d'habitude ouvrent pour Pâques, toutes les stations balnéaires, la Bretagne, les Landes, ne vont pas ouvrir. Ils ont même recruté du personnel qu'ils vont mettre au chômage partiel. Il y a un an ils nous ont mis en place des prêts qu'on devrait commencer à rembourser. Mais comment ? Avec quel chiffre d'affaires ? En faisant un confinement global comme ça, à nouveau, nous on est au fond du trou."

L'espoir d'une bonne et longue saison estivale

Pour les locations de vacances, les demandes pures et simples de remboursement ne sont pas majoritaires. Pourtant le téléphone sonne beaucoup depuis jeudi matin constate Dominique Debuire, président de Clévacances : "Pour l'instant, beaucoup demandent un report. Une date n'est pas fixée immédiatement. Actuellement d'ailleurs, c'est plutôt de demander un avoir qui sera utilisé plus tard. Les gens voient ça un peu comme le dernier sacrifice, la dernière ligne droite avant un retour à la presque normalité des choses."

"Ils savent qu'ils ne pourront pas partir pendant les vacances de printemps. Mais leur envie de partir ultérieurement est décuplée."

Dominique Debuire (Cléavacances)

à franceinfo

Les clients comme les professionnels ont bien entendu le président de la République parler d'une forme de reprise mi-mai. Dans les campings on a fait une croix sur avril mais c'est un petit mois de remise en route des sites, pas plus de 6% du chiffre d'affaires annuel. En revanche, on compte maintenant sur mai et sur une longue saison. Nicolas Dayot, président de la Fédération nationale de l'hôtellerie de plein air, juge que les nouvelles restrictions ont été prises "pour la bonne cause".

"On fait 80% de notre activité sur le coeur de l'été et si on pouvait ouvrir dans de bonnes conditions à la mi-mai, ça nous permettra sans doute d'espérer sauver la saison printanière et estivale 2021."

Nicolas Dayot (Fédération de l'hôtellerie de plein air)

à franceinfo

Contrairement à l'année dernière, Nicolas Dayot dit avoir l'espoir "de prolonger la saison au delà du mois de septembre qui est souvent la période de fermeture des campings. Peut-être que cette année on pourra ouvrir jusqu'en octobre ou en novembre pour compenser justement la perte de ce mois d'avril."

Les professionnels du tourisme se doutent qu'il n'y aura pas ou très peu de touristes étrangers cet été. Mais à l'inverse, ils s'attendent à un tourisme franco-français tous azimuts avec une furieuse envie de nature, donc de vacances.

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