"Il faut que cette industrie cesse" : une association de défense des cétacés captifs réclame la fermeture des parcs

Après l'arrêté interdisant la reproduction des dauphins et des orques en captivité, l'association C'est assez, engagée dans la défense des cétacés captifs, va demander la fermeture des parcs d'ici 20 à 30 ans.

Des orques en plein show, à Marineland, à Antibes, en mars 2016.
Des orques en plein show, à Marineland, à Antibes, en mars 2016. (VALERY HACHE / AFP)

Trois parcs animaliers ont déposé un recours contre l’arrêté du ministère de l’Environnement qui interdit la reproduction des dauphins et orques en captivité. Il sera examiné lundi 31 juillet devant le Conseil d’Etat. L’association C’est assez, engagée dans la défense des cétacés captifs, va demander à terme la fermeture des parcs. "On est dans le compromis, a expliqué sa présidente, Christine Grandjean sur franceinfo lundi matin. Ils ont quand même 20 ou 30 ans pour se reconvertir".

franceinfo : Vous demandez carrément la fermeture des parcs ?

Christine Grandjean : On est dans le compromis puisqu’on sait très bien que même si la reproduction est interdite, il faudra 20 ou 30 ans pour que les parcs ferment, le temps que les derniers animaux captifs aient fini leur vie. Donc, effectivement, on demande que cesse cette industrie de la captivité des cétacés.

C’est un compromis un peu brutal, non ?

C’est brutal sauf qu’ils ont quand même 20 ou 30 ans pour se reconvertir. Il faut savoir que le parc Astérix n’a absolument pas besoin de ses dauphins. C’est un parc d’attraction et le prix d’entrée du delphinarium est compris dans le prix d’entrée des attractions. Quand on interroge les gens à l’entrée, 80% ne savent pas qu’il y a un delphinarium. Il y a quand même un bébé qui vient de mourir le 17 [juillet] et qui a vécu six jours à Astérix. L’an dernier, il y en a un qui était décédé à 15 jours lors d’une bagarre entre deux femelles, dont celle qui a mis au monde un bébé mort-né à Astérix en octobre. Depuis, avant, on lui avait enlevé son bébé de quatre ans pour l’emmener au parc en Grèce. Ces animaux à qui l’on enlève les enfants à trois, quatre ans pour les besoins de la reproduction dans d’autres parcs ont des souffrances et des stress absolument énormes. Je ne parle pas des conditions physiques dues à la captivité, je vous parle juste du stress psychologique que cela engendre.

Comprenez-vous que les parcs craignent pour leur activité ?

Il faut que les parcs admettent qu’ils ne sont pas des zoos mais plus des cirques puisqu’on ne verra jamais un spectacle de dauphins ni d’orques sans seaux de poissons à proximité. Il faut qu’ils reconnaissent qu’ils sont là pour faire du loisir et pas pour protéger de la nature. On leur donne du temps parce que tant qu’ils auront leurs animaux, ils pourront continuer leur activité. Mais après, il faudra qu’ils trouvent le moyen de reconvertir leurs bassins ou peut-être d’investir dans des baies de réhabilitation, peut-être tout simplement dans des bassins de sauvetage d’animaux échoués, malades et de les remettre ensuite dans la nature.