Violences conjugales : #NousToutes dénonce des "mesures gadgets" sur la nouvelle expérimentation pour recueillir les plaintes

Le collectif féministe demande une meilleure formation des forces de l'ordre dont certaines "banalisent" ces violences ou ne veulent pas prendre les plaintes.

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Radio France
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Manifestation organisée par le collectif Nous Toutes. Photo d'illustration. (GUILLAUME BONNEFONT / MAXPPP)

Le collectif féministe #NousToutes dénonce des "mesures gadgets" dans un communiqué publié mercredi 13 octobre, au lendemain de l'annonce par le ministre de l'Intérieur d'une nouvelle expérimentation pour recueillir les plaintes des victimes de violences conjugales directement chez autrui, au domicile de l'assistante sociale, d'une amie, de la maire de la victime ou à la mairie. Le collectif demande une meilleure formation des forces de l'ordre dont certaines "banalisent" ces violences et refusent de prendre les plaintes.

Gérald Darmanin explique que cette expérimentation, qui sera réalisée dans plusieurs départements à définir et lancée "à partir de la fin de l'année", répond à la "peur" que peuvent ressentir certaines victimes à l'idée de se rendre dans un commissariat.

#NousToutes répond que "depuis quelques semaines, des dizaines de milliers de femmes témoignent [sur les réseaux sociaux] avec [le mot-clé] #DoublePeine de la prise en charge catastrophique en commissariat et gendarmerie", dénonçant une "banalisation des violences conjugales par les forces de l'ordre". Le collectif cite en exemple la phrase "Madame, on ne reste pas quand ça se passe mal", prononcée par un policier des Côtes-d'Armor en 2020 à l'attention d'une femme venue déposer plainte.

Le collectif ironise : "Les femmes victimes disent donc qu'elles sont mal accueillies en commissariat et gendarmerie. Gérald Darmanin leur répond : bonne nouvelle, vous pourrez aussi être mal accueillies à la mairie ou chez une amie !"

"Il est temps d'arrêter d'expérimenter"

Quatre ans après la vague #MeToo, trois ans après une enquête du collectif féministe sur les refus des forces de l'ordre d'enregistrer des plaintes – en toute illégalité – et deux ans après le Grenelle contre les violences conjugales, #NousToutes estime qu'il "est temps d'arrêter d'expérimenter et de mettre en place des politiques d'ampleur sur tout le territoire".

"Nous avons besoin que les forces de l'ordre connaissent la loi (qui prévoit obligation de prendre une plainte), l'appliquent et soient formées à ne pas mépriser ou humilier les femmes victimes de violences", conclut #NousToutes, "nous demandons au ministre de l'Intérieur de reconnaître le manque de formation de ses agents et d'agir".

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