Vidéo Violences conjugales : quand l'ordonnance de protection ne protège pas

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France Télévisions

Géraldine, 36 ans, a choisi de déménager et de mettre 900 kilomètres entre elle et son ancien compagnon qu’elle accuse de violences et de harcèlement. Dans cet extrait d'"Envoyé spécial", elle explique pourquoi, bien que sous ordonnance de protection, une mesure censée empêcher son ex-conjoint de l'approcher, elle a décidé de partir.

Géraldine, 36 ans, maman d'un enfant de 8 ans, vit sous la menace de son ex-conjoint qu’elle accuse de violences. Après avoir dénoncé un harcèlement de sa part, elle a obtenu une ordonnance de protection. Délivrée par un juge aux affaires familiales, cette mesure vise à empêcher l'auteur des violences de s'approcher de son ex-compagne.

L'homme a interdiction de paraître à son domicile, et interdiction de rentrer de quelque façon que ce soit en contact avec elle. Mais "malgré ça, ça continue", affirme la jeune femme dans cet extrait d'"Envoyé spécial". La notification de cette ordonnance semble n'avoir aucun effet dissuasif sur son ancien conjoint : elle a eu l'occasion de le filmer garé devant chez elle, déchargeant des meubles qui lui appartenaient. Inquiète, Géraldine a contacté la gendarmerie.

Le non-respect de l'ordonnance de protection est un délit

"Il les voit, il monte dans son véhicule comme si de rien n'était, grille le stop, et s'en va. Ils vont l'arrêter 400 mètres plus loin", raconte-t-elle. Puisqu'il a enfreint l'ordonnance de protection (un délit passible de deux ans de prison et 15 000 euros d'amende), elle le croit placé en garde à vue, mais les gendarmes la détrompent. Selon elle, ils lui ont simplement enjoint de "se calmer"... et l'ont verbalisé pour le stop grillé.

"On est victime, on vous reconnaît victime, et de l'autre côté, on ne vous protège pas." 

Géraldine, "un peu écœurée" par cette forme de double peine

à "Envoyé spécial"

Les plaintes pour non-respect de l'ordonnance de protection finissent par s'empiler, s'ajoutant aux signalements de menaces réitérées et de harcèlement, mais l'ancien conjoint écopera seulement d'une amende de 500 euros (avec sursis), après un rapide passage en garde à vue. Selon Géraldine, lorsqu’elle a rappelé les gendarmes après une nouvelle incursion, ils lui auraient répondu "Madame, vous ne nous appelez que quand Monsieur passe le portail avec le fusil." Elle a alors pris sa décision : "Je m'en vais."

A ce jour, les plaintes de Géraldine ont été classées sans suite. C’est le cas de 80% des plaintes pour violences conjugales, selon un rapport de l’Inspection générale de la justice. Son ex-conjoint est innocent aux yeux de la justice.

Extrait de "Des femmes sous la menace", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 6 janvier 2022.

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