Vidéo Soupçons de conflits d'intérêts : Dupond-Moretti contre le Parquet national financier

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Complément d'enquête / France 2

C'est une affaire pour laquelle il est convoqué le 28 février 2022 devant la Cour de justice de la République (CJR). Pourquoi Eric Dupond-Moretti est-il soupçonné de prise illégale d'intérêts ? Explications dans cet extrait d'un document de "Complément d'enquête" à revoir le 20 janvier.

Le 28 février 2022, le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti est convoqué devant la Cour de justice de la République (CJR) pour soupçons de prise illégale d'intérêts. Une affaire dans laquelle il a été mis en examen le 16 juillet 2021.

C'est la plus grande crise qu'ait connue celui qui était le ministre surprise du remaniement de juillet 2020. Son attaque frontale contre les magistrats du Parquet national financier aurait-elle la goutte qui a fait déborder le vase ? Explications dans cet extrait de "Dupond-Moretti : le coup d'éclat permanent".

Un conflit d'intérêts... ou même deux 

L'affaire a commencé en août 2020, juste après sa nomination place Vendôme. Une nomination qu'il a fêtée dans un restaurant niçois, en compagnie notamment de Thierry Herzog, l'un de ses intimes... et l'avocat de Nicolas Sarkozy. Comme son client, il est jugé pour corruption et trafic d'influence. Un garde des Sceaux en exercice qui fait la fête avec une personne mise en cause dans une affaire d'Etat... A la rentrée suivante, Mediapart relayait l'information et dénonçait un conflit d'intérêts.

Un conflit d'intérêts... ou même deux, puisque Eric Dupond-Moretti est directement partie prenante dans l'affaire impliquant son ami Herzog. En 2014, le PNF avait ouvert une enquête préliminaire pour rechercher une "taupe" soupçonnée d'avoir informé l'avocat de Nicolas Sarkozy qu'il était sur écoute. Les factures téléphoniques détaillées (les fadettes) d'Eric Dupond-Moretti, entre autres, avaient alors été épluchées. 

"Des méthodes de barbouzes !"

L'enquête a été abandonnée en 2015. Elle aurait dû rester secrète, mais l'hebdomadaire Le Point la révèle en juin 2020. Lorsque Eric Dupond-Moretti apprend qu’il fait partie des personnalités espionnées, il porte plainte pour "atteinte à la vie privée" et "abus d'autorité". Et s'insurge bruyamment contre "des méthodes de barbouzes".

L'Inspection générale de la justice est saisie par la garde des Sceaux de l'époque, Nicole Belloubet. Son rapport évoque certes "un manque de rigueur dans le traitement de la procédure" et "une remontée hiérarchique de l'information lacunaire", mais il dédouane le PNF, concluant que le cadre légal a été respecté.

Le plus haut magistrat du pays monte au créneau

A la surprise générale, c'est pourtant sur la base de ce rapport qu'Eric Dupond-Moretti, une fois nommé garde des Sceaux, ordonne une enquête administrative à des fins disciplinaires contre les magistrats du PNF. Une attaque frontale qui fait sortir de sa réserve le plus haut magistrat du pays. Dans une intervention sur RTL, le procureur général près la Cour de cassation François Molins rappelle "la nécessité, dans le cadre d'un Etat de droit, de respecter les principes fondamentaux d'indépendance, et surtout de neutralité et d'impartialité de la justice".

Face à la colère qui gronde, le garde des Sceaux joue la carte de l'apaisement. Lui qui détestait les réseaux sociaux choisit alors Facebook pour s'expliquer, et annoncer qu'il se déporte de cette enquête auprès du Premier ministre. 

Extrait de "Dupond-Moretti : le coup d’éclat permanent", un document à revoir dans "Complément d'enquête" le 20 janvier 2022.

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