VIDEO. "Je trouve cet amalgame insupportable", juge Nicole Belloubet à propos de la tribune de Jean-Luc Mélenchon sur les "procès politiques"

Le leader de La France insoumise et des personnalités comme l'ex-président brésilien Lula ont signé dimanche une tribune, dans laquelle ils affirment que "la justice ne doit pas servir d'arme de persécution politique".

FRANCE INTER / RADIO FRANCE

"J'ai été assez stupéfaite", a réagi sur France Inter Nicole Belloubet, ministre de la Justice, lundi 9 septembre, à propos de la tribune publiée dans le Journal du dimanche. Dans ce texte, le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon et des personnalités comme l'ex-président brésilien Lula et le Prix Nobel de la Paix argentin Adolfo Perez Esquivel estiment que "le temps des procès politiques doit cesser". "Je trouve cet amalgame insupportable", a expliqué Nicole Belloubet.

Vous trouvez la France placée à côté de la Russie et du Cambodge. Il me semble qu'il y a une petite nuance entre l'indépendance, qui est réelle en France, et ce qui se passe en Russie ou d'autres pays.

Nicole Belloubet

"Dans un certain nombre d'États, la justice est le premier maillon qui est attaqué quand on veut mettre fin à l'état de droit. Regardez ce qui se passe au Brésil, en Pologne, en Hongrie", a estimé la garde des Sceaux.

Jean-Luc Mélenchon s'est dit victime de l'instrumentalisation de la justice pour éliminer les concurrents politiques. "Je ne donne aucune instruction sur les affaires individuelles", a déclaré Nicole Belloubet. "Jean-Luc Mélenchon lui-même est contradictoire. Je me souviens d'une altercation où il me disait 'Tu ne contrôles pas la justice, à quoi tu sers ?'"

La ministre a précisé qu'à "chaque fois que le parquet ouvre une enquête sur un homme politique, tous les recours sont possibles devant les juridictions, c'est le principe de l'égalité qui domine."

Nicole Belloubet, ministre de la Justice, invitée de France Inter, le 5 novembre 2018.
Nicole Belloubet, ministre de la Justice, invitée de France Inter, le 5 novembre 2018. (ANNE AUDIGIER / RADIO FRANCE)