Rapport d'Amnesty International en Ukraine : l'ONG doit travailler "différemment", selon un expert

Dans son rapport publié jeudi 4 août, Amnesty International reproche à l'armée ukrainienne d'avoir lancé des attaques depuis des zones résidentielles pour repousser l'invasion russe.

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Radio France
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Un civil examine les ruines d'une usine après une frappe aérienne russe à Kharkiv, dans l'est de l'Ukraine, le 6 août 2022. (SERGEY BOBOK / AFP)

Amnesty International en Ukraine doit travailler "différemment", estime ce samedi 6 août le Général Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de la revue Défense Nationale, alors que la situation "sur le terrain est immensément compliquée". La responsable d'Amnesty International en Ukraine, Oksana Pokaltchouk, a démissionné pour une question de "conflit de valeurs" à la suite de la publication d'un rapport de l'ONG pointant notamment 19 situations où l'armée ukrainienne a mis en danger les populations civiles, par exemple, avec l’installation de soldats dans des hôpitaux pour se reposer.

>> Ce que contient l'enquête d'Amnesty International qui accuse Kiev de mettre en danger les civils

franceinfo : La démission d'Oksana Pokaltchouk était-elle devenue inévitable ?

Jérôme Pellistrandi : Il y a vraiment une ambiguïté dans ce rapport qui justifie la démission de la représentante d'Amnesty International en Ukraine. L'objectif des Russes n'est pas de conquérir des espaces vides, mais bien de conquérir les villes parce que ce sont dans les villes que vous trouvez les pouvoirs économique, politique et intellectuel. Donc, les villes deviennent des objectifs et, de facto, les populations civiles sont des cibles.

"Même s’il faut reconnaître que le gouvernement ukrainien a tout fait pour évacuer au maximum les populations civiles. Il est extrêmement difficile de penser qu'on peut épargner à 100% la population civile".

Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de la revue Défense Nationale

franceinfo

Amnesty international se pare de son autorité morale pour émettre un avis sur une situation qui, sur le terrain, est immensément compliquée. Je pense qu'il faut qu'Amnesty International travaille différemment sur ce type de conflit.

Après le bombardement de la centrale nuclaire de Zaporijia en Ukraine, la plus grande d'Europe, l'Agence internationale de l'énergie atomique estime que la situation est de plus en plus "volatile". Quel est le risque ?

Un accident nucléaire est loin d'être exclu. Un réacteur nucléaire n'est pas fait pour être au milieu des combats. Les cuves des réacteurs sont censées résister à, par exemple, l'impact d'un petit avion. Mais si vous détruisez les installations annexes comme les transformateurs, les systèmes de refroidissement, vous mettez en péril le fonctionnement de la centrale. C'est jouer avec le feu que d'avoir ces combats et cette militarisation de la zone autour de la centrale, militarisation qui est liée à l'occupation russe.

Les exportations de céréales ont repris grâce à l'accord signé entre la Russie, l'Ukraine, la Turquie et les Nations unies, le rythme de ces exportations peut-il s’accélérer ?

Les ports autour d'Odessa ne sont pas près de retrouver le rythme d'avant-guerre. Les navires qui évacuent les céréales sont fouillés à la recherche de sortie d'armement. C'est un processus très lent. Seules quelques centaines de milliers de tonnes de céréales seront exportées sur les 20 à 25 millions de tonnes à sortir. Il faudra quand même beaucoup de temps.

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