Rapatriement des familles de jihadistes : la France accueille actuellement 225 mineurs, annonce Éric Dupond-Moretti

Sur ces 225 mineurs actuellement en France, 217 ont séjourné en zone irako-syrienne, huit en Afghanistan ou au Yemen, et les deux tiers ont moins de dix ans.

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Radio France
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Une mère et son fils incarcérés dans le camp de Roj, en Syrie, en février 2022.   (SADAK SOUICI / LE PICTORIUM / MAXPPP)

La France accueille actuellement 225 mineurs ayant séjourné dans des camps de familles de jihadistes au Moyen-Orient, a annoncé mercredi 5 octobre Éric Dupond-Moretti devant la commission des lois du Sénat. Selon le ministre de la Justice, "la plupart sont rentrés avec leurs parents expulsés de Turquie, d'autres sont rentrés spontanément", tandis que 77 mineurs ont été rapatriés par les autorités françaises.

Sur ces 77 mineurs rapatriés, 71 venaient du Rojava en Kurdistan syrien, sept venaient d'Irak. Ces mineurs ont été rapatriés lors de sept opérations menées successivement entre le 15 mars 2019 et le 4 octobre 2022. La plus grosse opération a eu lieu le 5 juillet dernier, où 35 mineurs ont été rapatriés de Syrie.

Sur ces 225 mineurs, onze sont actuellement poursuivi pour "association de malfaiteurs terroristes", ajoute le garde des Sceaux. Ce sont les enfants les plus âgés rapatriés, qui sont aujourd'hui majeurs. 22 de ces enfants sont orphelins et 77 sont nés sur zone. 

"Il est bon de concilier humanité et pragmatisme. Tous ont vécu une expérience traumatisante."

Éric Dupond-Moretti

franceinfo

Éric Dupond-Moretti estime qu'il reste sur zone 200 femmes de jihadistes. En juillet dernier, Laurent Nunez, qui était encore à l'époque coordinateur du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, avait indiqué qu'il restait encore une centaine de femmes et près de 250 enfants dans les camps syriens.

Le 14 septembre 2022, la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) avait condamné la France pour ne pas avoir étudié de manière appropriée les demandes de rapatriement de familles de jihadistes en Syrie. "Nous n'avons aucune contrainte à rapatrier, la CEDH ne dit pas autre chose", a expliqué le ministre. "Au vu de cet arrêt, il faut que l'on permette un recours en cas de refus".

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