Mouvement des surveillants pénitentiaires: "On va continuer à se faire taper dessus", estime le syndicat FO-pénitentiaire

Le mouvement des surveillants pénitentiaires a repris jeudi matin dans plusieurs prisons de France, à l'appel d'une intersyndicale. Les annonces faites mardi par la ministre de la Justice sont jugées insuffisantes. 

Des surveillants pénitentiaires qui manifestent devant la prison de Fleury-Mérogis, lundi 15 janvier.
Des surveillants pénitentiaires qui manifestent devant la prison de Fleury-Mérogis, lundi 15 janvier. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Deux jours après les mesures annoncées par la ministre de la Justice Nicole Belloubet pour renforcer la sécurité des surveillants pénitentiaires de la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), les syndicats pénitentiaires ne décollèrent pas. Une intersyndicale a de nouveau appelé les surveillants à bloquer leurs établissements jeudi 18 janvier. Bernard Chalureau, trésorier général de FO-pénitentiaire, a déploré, sur franceinfo, le manque de réponse des autorités au mouvement : "La ministre va à Vendin-le-Vieil mardi, elle a peur, ça se voit sur son visage. Elle annonce dix mesurettes pour un établissement, mais qu'est-ce qu'elle annonce pour les établissements français ? Qu'est-ce qu'elle annonce pour les personnels de la France entière ? Rien du tout. On va continuer à se faire taper dessus (...) et en plus, on se fait taper par les forces de l'ordre de notre pays, c'est absolument scandaleux."

46% des prisons touchées par le mouvement

La mobilisation a tourné au "face à face musclé" jeudi matin entre manifestants et CRS devant la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), toujours selon Force ouvrière. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes et de leurs matraques, toujours d'après la même source, qui précise "qu'environ 200 gardiens" ont participé au blocage.

D'après l'administration pénitentiaire, 87 établissements ont été touchés par la contestation jeudi matin, soit 46% des prisons. Ce mouvement a essentiellement conduit à des retards de prise de poste d'une vingtaine de minutes. La majorité des quelques blocages a été levée en milieu de matinée.

L'intersyndicale a demandé notamment des recrutements de personnels, une "gestion spécifique pour les détenus terroristes islamistes et radicalisés" et de meilleures conditions de travail.

Le mouvement de colère des surveillants a été lancé lundi, à l'appel d'une intersyndicale, en solidarité avec quatre surveillants agressés par un détenu condamné pour des faits de terrorisme, la semaine dernière, à la prison de Vendin-le-Vieil.