Emballage identique mais qualité des produits différente selon les pays : "une stratégie qui n'est pas justifiable", dénonce la CLCV

Le directeur de l'association de consommateur CLCV François Carlier est revenu vendredi sur les pratiques de certains groupes industriels. Ils feraient varier la qualité de leurs produits selon les pays de vente.

Rayon alimentaire dans un magasin de hard-discount, en Alsace.
Rayon alimentaire dans un magasin de hard-discount, en Alsace. (MAXPPP)

Un Nutella moins crémeux en Hongrie qu'en France ou une saucisse slovaque avec plus de graisse et moins de viande que celles vendues en Europe de l'Ouest : plusieurs pays d'Europe centrale dénoncent les pratiques de certains groupes industriels qui vendraient des produits de moins bonne qualité sous des emballages identiques. Le sujet était au menu du Conseil européen à Bruxelles jeudi 10 mars.

François Carlier, directeur général de l'association de consommateur CLCV (Consommation, logement et cadre de vie), a estimé sur franceinfo que cette pratique "se développe" et qu'elle "concerne surtout l'alimentaire et l'habillement".

franceinfo : Ces pratiques sont-elles courantes de la part des industriels de l'agro-alimentaire ?

François Carlier : Il semblerait que ces pratiques se développent dans certains pays. C'est le cas aussi pour le textile. Il n'est pas sûr qu'un vêtement de grande marque ait tout à fait la même qualité selon le pays ou selon le mode de distribution.

Quelles sont les marques concernées ?

J'hésiterais à citer des marques. Je pense que l'alimentaire et l'habillement sont principalement concernés. L'alimentaire, c'est plutôt, soit dans les DOM en France, soit dans certains pays d'Europe de l'Est. En France, le soupçon qui existe porte sur tous les magasins "outlet" et les centres commerciaux à prix cassés.

Quelle économie cela représente-t-il pour ces grands groupes ?

Il y a une vraie question économique. Depuis 10 ans, les prix sur la grande consommation alimentaire ou sur l'habillement ne sont pas vraiment à la hausse. Il y a plutôt une concurrence intense sur les prix que se font les professionnels. Je pense qu'ils essayent de se rattraper par ce type d'opérations, c'est-à-dire en jouant sur le qualitatif. Normalement, la ficelle classique est de changer le volume. Vous vendez au même prix un produit mais en diminuant son poids de 3 ou 4%, les gens ne s'en rendent pas compte. Ou alors, vous avez ce type d'opérations : tout d'un coup dans des pays, vous vendez des produits de moindre qualité. Je pense que c'est une stratégie d'adaptation des professionnels mais elle n'est pas justifiable pour autant, cette explication n'est pas du tout recevable. (...) Il en va de l'esprit européen de proposer les mêmes types de produits.