Discours de rentrée jugé "scandaleux" par Eric Dupont-Moretti : "C'est assez inédit qu'un garde des Sceaux tienne ces propos", réagit François Molins

François Molins, procureur général près la Cour de cassation a dénoncé des "conditions de travail intenables" lors de son audience solennelle de rentrée ce lundi. Des propos jugés "scandaleux" par Eric Dupont-Moretti, garde des Sceaux. 

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
L'avocat général de la Cour de cassation, François Molins, arrive pour une audience solennelle à la Cour de cassation, le 10 janvier 2022 à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

"Ce n'est pas la première fois qu'un procureur général à la Cour de cassation tient un discours de vérité aux audiences de rentrée", a déclaré mardi 11 janvier sur France Inter François Molins. "C'est par contre assez inédit qu'un garde des Sceaux tienne ces propos et réagisse ainsi avant même d'avoir quitté les murs de la Cour de cassation."

Lundi, le procureur général près la Cour de cassation François Molins a dénoncé des "conditions de travail intenables" et le "manque structurel de moyens" lors de son audience solennelle de rentrée devant le Premier ministre Jean Castex et le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti qui, lui, s'est insurgé contre un discours "scandaleux".

"Nécessité de réformer"

"Je n'ai pas à commenter les propos du garde des Sceaux", réagit donc mardi sur France Inter François Molins. Il rappelle en revanche que son discours "correspond au constat de la Cour des comptes". "Il fallait le dire ! Depuis 5 ou 6 ans, la Cour des comptes met en évidence la nécessité de réformer et d'arranger nos difficultés structurelles, souligne le procureur général près la Cour de cassation, On sera obligé de passer par l'évaluation de la charge de travail, de la carte judiciaire, et la mise à niveau du numérique et de l'informatique."

François Molins espère que "des propositions intéressantes" émergeront aux États généraux de la Justice. "De nombreux groupes de travail réfléchissent sur la justice civile, la justice pénale, la prison, la protection, les statuts, ou encore les organisations", mais in fine, "ça renverra toujours à la responsabilité du politique". "C'est lui qui aura à décider dans quelle direction il veut aller."

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Droit et justice

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.