Condamnation des époux Fillon : l'avocat de François Fillon dénonce "une justice qui tord ses principes" et évoque une "vraie colère"

Le tribunal a oublié un principe fondamental estime Antonin Lévy, "c'est qu'il appartenait à l'accusation de démontrer le caractère fictif, et non pas à Penelope Fillon de démontrer la réalité de son travail."

Antonin Lévy, avocat de françois Fillon.
Antonin Lévy, avocat de françois Fillon. (BERTRAND GUAY / AFP)

François Fillon a été condamné lundi 29 juin à cinq ans de prison dont deux ferme par le tribunal correctionnel de Paris, pour détournement de fonds publics dans l'affaire de l'emploi présumé fictif de sa femme Penelope Fillon, condamnée elle à trois ans de prison avec sursis. Les deux époux, également condamnés à verser une amende de 375 000 euros chacun, ont annoncé qu'ils allaient faire appel. "Il y a une forme de vraie colère. Il y a des règles de droit, et je considère que ces règles de droit n'ont pas été respectées", a dénoncé sur franceinfo Antonin Lévy, avocat de François Fillon.

Évidemment que cette peine est sévère. Le vrai problème, c'est que lorsqu'on a un magistrat qui fait de la morale et pas du droit, ce n'est pas une sanction, c'est une punition.Antonin Lévy, avocat de François Fillonà franceinfo

"Qu'on condamne François Fillon moralement, qu'on le condamne par l'élection, je considère que c'est normal car c'est comme ça que doit fonctionner la démocratie, a estimé maître Lévy. Quand en revanche, la justice tord ses principes pour rendre une décision qui ne me semble pas motivée ni en fait, ni en droit, c'est à cela que sert l'appel", a ajouté l'avocat.

Un nouveau procès "avec un peu plus de recul"

"Je considère que le tribunal a balayé trop vite les éléments factuels qui démontraient le travail de Penelope Fillon, a poursuivi Antonin Lévy. Le reproche que l'on fait à Penelope Fillon, c'est de ne pas avoir réussi à démontrer la matérialité de son travail. Mais en droit, c'est à l'accusation de démontrer votre culpabilité. Le tribunal a oublié un principe fondamental, a jugé l'avocat, c'est qu'il appartenait à l'accusation de démontrer le caractère fictif, et non pas à Penelope Fillon de démontrer la réalité de son travail. Elle l'a quand même fait, mais le tribunal a dit que ce n'était pas suffisant."

L'avocat estime désormais que "c'est une nouvelle étape qui s'ouvre, puisqu'un appel a été interjeté. Il y aura un procès en appel, cela ne fait pas l'ombre d'un doute. Je pense que l'on pourra reprendre avec un peu plus de recul les éléments qui ont été présentés à l'audience."