Agression d'une magistrate dans les Yvelines : l'Union syndicale des magistrats regrette que les juges puissent être identifiés et localisés

Après l'agression d'une présidente de cour d'assises chez elle, dans les Yvelines, l'Union syndicale des magistrats fait part sur franceinfo de son inquiétude.

Viviane Brethenoux, déléguée régionale de l\'Union syndicale des magistrats (USM) a réagit sur franceinfo après l\'agression de l\'une de ses collègues.
Viviane Brethenoux, déléguée régionale de l'Union syndicale des magistrats (USM) a réagit sur franceinfo après l'agression de l'une de ses collègues. (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

Viviane Brethenoux, déléguée régionale de l'Union syndicale des magistrats (USM), réagit à l'agression de sa collègue, la présidente de cour d'assises des Yvelines, lundi 17 juin à son domicile. Le parquet de Versailles a ouvrert une enquête pour tentative d'assassinat.

Viviane Brethenoux fait part de son inquiétude quant au fait que les employés de la justice peuvent être identifiés et attaqués directement chez eux. Une menace qui pèse d'autant plus, selon elle, depuis la loi de programmation de la Justice 2018-2022 : "Cette loi qui vise (...) notamment à ce que soient publiés les noms des magistrats fait partie des choses qui inquiètent. À partir du moment où les juges sont identifiés, dans un monde où tout est numérisé et où les données personnelles sont faiblement protégées, il est facile d'avoir accès aux coordonnées des juges. De ce fait, cela va renforcer les inquiétudes au quotidien de nos collègues."

Une agression qui choque la profession

La déléguée régionale de l'USM fait également part de son émotion après l'agression de sa collègue par deux hommes déguisés en livreurs, qui l'ont visée au visage avec une arme de type LBD : "Nous sommes profondément bouleversés, émus et indignés. Cela rappelle, pour les Yvelines, un traumatisme qui avait déjà été terriblement profond quand des policiers avaient été assassinés, également à leur domicile, à Magnanville. Cela réactive un traumatisme profond, puisque c'est toute la communauté de la justice qui est atteinte dès qu'il y a ainsi des agressions."

Nous vivons forcément avec, en arrière-fond, l'idée que l'on a une fonction exposéeViviane Brethenoux

Viviane Brethenoux explique que sa collègue a déjà été menacée, dans le passé. "A la suite d'une agression sur son véhicule, elle avait été suivie, avec un accompagnement policier pour assurer sa protection lors de ses déplacements de sa vie quotidienne". Viviane Brethenoux parle d'une collègue "tout à fait connue et reconnue pour son excellent travail, pénaliste depuis 1989, une collègue d'expérience, de sang-froid, qui a l'habitude de gérer des situations très compliquées". "Nous sommes tous bouleversés de savoir que, malgré sa capacité à gérer les choses au mieux et à présider les audiences de manière sereine, sans jamais susciter la moindre animosité de part et d'autre, on puisse s'en prendre à elle", ajoute t-elle.

Viviane Brethenoux pose la question de l'extension de la protection des magistrats. Celle-ci existe aujourd'hui, mais "elle est réservée à ceux qui exercent dans des fonctions très spécifiques, comme l'antiterrorisme, déplore la représentante syndicale. Nous, nous apercevons que ce sont des fonctions où il y aurait peut-être besoin de plus de protection que ce qui existe aujourd'hui".