Affaires Fillon et Sarkozy : Eric Ciotti veut supprimer le parquet national financier

Critiqué pour sa gestion des dossiers Sarkozy et Fillon, le parquet national financier, créé après l'affaire Cahuzac, est dans le viseur du député des Républicains. 

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Le député Les Républicains Eric Ciotti (à droite) aux côtés de François Fillon, le 17 avril 2017 à Nice (Alpes-Maritimes). (VALERY HACHE / AFP)

Le député LR Eric Ciotti veut déposer une "proposition de loi pour supprimer le PNF", après les dernières révélations dans des dossiers concernant deux membres de sa famille politique, Nicolas Sarkozy et François Fillon, et les déclarations de l'ex-procureure nationale financière. C'est ce qu'il a annoncé dimanche 28 juin dans un entretien au Journal du dimanche.

"Ce parquet qui se voulait exceptionnel est devenu une juridiction d'exception", déclare dans cette interview l'élu des Républicains, regrettant que la justice soit "aujourd'hui touchée par le poison du soupçon de la politisation". "Ce qu'ont subi François Fillon et Nicolas Sarkozy n'est pas conforme à l'idée que je me fais d'une justice équitable, totalement indépendante des pressions et du contexte politique", justifie Eric Ciotti.

Le PNF assure respecter la loi

Entendue le 10 juin par la commission d'enquête parlementaire sur l'indépendance de la justice, Eliane Houlette, l'ex-cheffe du parquet national financier, à la retraite depuis juin 2019, s'était émue du "contrôle très étroit" qu'aurait exercé le parquet général, son autorité de tutelle directe, dans la conduite des investigations dans le dossier Fillon.

Les choix du PNF à l'encontre de Nicolas Sarkozy ou de François Fillon ont contribué à les éliminer de la course à l'élection présidentielle de 2017.

Eric Ciotti

dans "Le Journal du dimanche"

En février 2014, leparquet national financier avait demandé d'éplucher les factures téléphoniques d'une dizaine de ténors du barreau pour trouver la "taupe" qui aurait pu informer l'ancien président Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog qu'ils étaient sur écoutes dans une autre affaire.

Le PNF a également été accusé d'indulgence après qu'une enquête pour conflit d'intérêts visant le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler a été classée sans suite en août 2019, notamment après une lettre du président Emmanuel Macron qui dédouanait son collaborateur.

Face aux critiques, l'actuel patron du PNF, Jean-François Bohnert, a assuré que son parquet "ne se dispense jamais de respecter la règle de droit". "Dans toutes les affaires qu'il traite, [le parquet national financier] se conforme strictement aux exigences du Code de procédure pénale et utilise, sans les outrepasser, les prérogatives que la loi reconnaît aux parquets, et donc au PNF", a-t-il déclaré.

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