Réflexion faite : l’auteur, propriétaire de ses pensées ?

Le parlement européen vient d’adopter une directive qui vise à appliquer les droits d’auteur au monde du numérique. Les auteurs devront être rémunérés ou supprimer les contenus qu’ils ne veulent pas payer. Le Soir 3 reçoit Martin Legros, rédacteur en chef de Philosophie Magazine.

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La règlementation des droits d’auteur va s’appliquer au numérique. Le parlement européen vient en effet d’adopter la mesure. Et cette propriété intellectuelle, on la retrouve chez les philosophes, explique Martin Legros, rédacteur en chef de Philosophie Magazine.
"Nous avons pris l’habitude d’associer le net à la quantité et ça met à mal les auteurs. Au 18e siècle, Diderot et Kant fondent le principe du doit d’auteur. Ils veulent asseoir le droit d’auteur sur leur ouvrage (…) Diderot est conduit à faire de l’œuvre l’émanation de sa personne ce qu’il a de plus propre. Il pense que c’est la portion de lui-même la plus précieuse", explique Martin Legros.

L’auteur garde la main sur l’œuvre

Comment peut-on définir ce droit d’auteur ? "Kant dit lui qu’il y a deux dimensions dans une œuvre. Une marchandise, un objet qui circule, l’éditeur va gérer ça, et ça se paye. Mais c’est aussi une œuvre et dont il reste le propriétaire. Une marchandise, mais aussi un contexte intellectuel et spirituel sur lequel l’auteur garde la main", explique-t-il.
À l’heure d’internet, tout circule, la notion d’objet disparaît. Pour Martin Legros, "Internet est une nouvelle articulation, on a un support unique et une multiplicité de discours que les internautes recomposent à leur gré. Ce sont des œuvres nouvelles qui n’obéissent plus à cette sacralisation du livre".

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Le Parlement européen se penche, mercredi 12 septembre, sur la réforme des droits d'auteur. (DAMIEN MEYER / AFP)