Mort d'Aretha Franklin : "Elle incarnait la vérité du monde, comme une Édith Piaf pour la France"

"C'est parce qu'on n'avait pas de mot plus grand que 'reine de la soul' qu'on a arrêté de lui donner des surnoms", raconte le spécialiste musique de franceinfo Bertrand Dicale au sujet d'Aretha Franklin.

La \"Reine de la Soul\" Aretha Franklin, ici à Détroit en 2011, est morte jeudi 16 août.
La "Reine de la Soul" Aretha Franklin, ici à Détroit en 2011, est morte jeudi 16 août. (JEFF KOWALSKY / EPA)

"Elle incarnait la vérité du monde, comme une Édith Piaf pour la France, comme une Amalia Rodrigues pour le fado au Portugal. C'était une des grandes voix du siècle et pas seulement une grande voix de la soul", estime Bertrand Dicale, spécialiste musique sur franceinfo. La "reine de la soul" est morte jeudi 16 août à l'âge de 76 ans chez elle à Détroit des suites d'un cancer du pancréas.

"Elle incarnait un genre, elle dépassait toutes les autres et personne n'essayait de la dépasser, elle était l'impératrice d'un genre, elle ressemblait un peu à Mahalia Jackson pour la génération précédente, la génération du gospel classique des années 1930", a ajouté Bertrand Dicale.

Elle incarnait totalement un genre, une époque, une destinée, une situation historique, le fait d'être noire, protestante, venue du sud des États-Unis dans cette époque-là.Bertrand Dicaleà franceinfo

"Elle n'avait même pas 25 ans et elle faisait la Une des journaux américains. On la surnommait déjà "sister soul", puis elle est devenue 'queen of soul' (reine de la soul). C'est parce qu'on n'avait pas de mot plus grand qu'on a arrêté de lui donner des surnoms".

"Elle était aussi auteure et compositrice, par exemple Think, l'un de ses plus grands tubes, c'est elle qui l'a écrit. C'était une extraordinaire musicienne" conclut Bertrand Dicale.