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Vidéo "J'ai imposé Marguerite Yourcenar" : quand Jean d'Ormesson faisait entrer la première femme à l’Académie française

Publié Mis à jour
Durée de la vidéo : 3 min.
brut : omersson
Article rédigé par
France Télévisions

Parfois, Jean d'Ormesson faisait du féminisme tout en se défendant d'être féministe. 

 

Il était le doyen de l’Académie française. Jean d’Ormesson, célèbre écrivain français, s’est éteint dans la nuit du 4 au 5 décembre, à l’âge de 92 ans. Lui, qui par modestie déclarait qu’il n’avait "presque rien" fait à l’Académie, a tout de même aidé la première femme à siéger sous la Coupole. 

"Ni par féminisme, ni par amitié", mais "par admiration"

En 1979, à l’âge de 54 ans, Jean d’Ormesson prend une mesure qu’il considère comme "une révolution". En proposant l’idée de faire rentrer Marguerite Yourncenar à l’Académie française, il bouscule des siècles de tradition : "L’Académie, c’était très simple, ne voulait pas femme. Le règlement était muet, n’interdisait pas les femmes, mais il y avait plus dur et plus fort que le règlement, c’était la tradition. En trois cent cinquante ans, on n’avait élu ni Madame de la Fayette, ni Madame du Deffand, ni George Sand, ni Colette et l’Académie ne voulait absolument pas de femme. J’ai imposé Marguerite Yourcenar."

Contre toute attente, la romancière est élue, le 6 mars 1980, membre de l’Académie française, où elle succède à Roger Caillois. Pour Jean d’Ormesson, « l’Académie a voté pour elle parce que la pression de l’opinion était telle ! Je pense qu’il y avait 90% des Français qui ne voyaient pas pourquoi une femme n’entrerait pas à l’Académie."  Lui se défend de n’avoir agi ni "par féminisme, ni par amitié" car il ne la connaissait pas. Mais il l’a fait par "admiration".

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