"C'est vraiment inespéré" : le Mobilier national lance une grande campagne de restauration
L'objectif est de soutenir les métiers d'art, qui souffrent beaucoup de la crise sanitaire du Covid-19.
C'est un marché exceptionnel : près d'un tiers des collections (meubles et luminaires) du Mobilier national des années 30 aux années 50 ont été inclues dans l'appel d'offres qui vient d’être lancé. Dans le cadre du plan de relance, un million d’euros ont été débloqués pour restaurer 254 pièces.
"C'est pratiquement du jamais vu, se réjouit Gérald Rémy, inspecteur des collections au Mobilier national. Pouvoir restaurer autant de pièces aussi rapidement – puisque toutes ces pièces doivent être terminées d'être restaurées à la fin de 2022 – c'est vraiment inespéré."
"S'il n'y avait pas eu cette enveloppe exceptionnelle, les meubles auraient été sûrement restaurés, mais sur une période beaucoup plus longue, dans les dix prochaines années."
Gérald Rémy, inspecteur des collections au Mobilier nationalà franceinfo
Parmi les 254 pièces sélectionnées : des sièges, des tables, des buffets, des bureaux, des bibliothèques, des luminaires… Certaines créées par de grands designers. On trouve ainsi une table de Jean Prouvé, des sièges de Jacques-Émile Ruhlmann. Pour les restaurer, le mobilier national va faire travailler de nombreux artisans d’art : "Nous faisons appel à des métiers particulièrement différents, aussi bien des restaurateurs ébénistes, menuisiers en sièges, passementiers, restaurateurs métal, restaurateurs pour des systèmes électriques, pour réussir soit à les remettre en jeu, soit à les changer, ce sont des techniques très variées."
Direction les palais de la République
En 2020, Pierre-Alain Le Cousin, restaurateur de meubles, avait été sélectionné dans le cadre d’une première campagne de restauration portant sur 15 pièces. Associé à deux autres artisans d’art, il avait alors travaillé sur quatre meubles. Il va de nouveau se porter candidat pour plusieurs lots. Pour lui, ce nouvel appel d’offres lancé par le Mobilier national est une vraie chance en cette période difficile : "Pour nous, c'est vraiment salutaire, parce que notre activité dans l'artisanat d'art est souvent axée sur l'étranger. Pour ma part, je travaillais avant le Covid-19 à peu près à 50% sur une clientèle étrangère mais là, tout a disparu. La première campagne de restauration a représenté 5 à 10% du chiffre d'affaires annuel, donc ce n'est pas négligeable."
Une fois restaurés, une partie des meubles et luminaires de cette nouvelle campagne rejoindront les palais de la République, les ministères et les ambassades. D’autres, les plus fragiles, seront soit déposés dans des musées, soit conservés dans les réserves du Mobilier national, en attendant d’être prêtés pour des expositions.
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