Au Centre Pompidou, le regard du photographe Brassaï sur les graffitis de Paris

Il a élevé les graffitis des murs de Paris au rang d'œuvres d'art. Le photographe Brassaï est à l'honneur au Centre Pompidou, à Paris, depuis le 9 novembre.

L\'exposition \"Brassaï - Graffiti\" au Centre Pompidou à Paris, en novembre 2016
L'exposition "Brassaï - Graffiti" au Centre Pompidou à Paris, en novembre 2016 (GINIES / SIPA)

Pour Brassaï, le langage du mur était l'une des plus authentiques expressions de l’art. C’est sans doute pour cette raison que le célèbre photographe hongrois, naturalisé français en 1949, a poursuivi pendant plus de 25 ans son travail sur les graffitis des murs de la capitale. 126 tirages sont exposés au Centre Pompidou, à Paris, depuis le 9 novembre et jusqu'au 30 janvier.

Au fil des ans, Brassaï s'est constitué un véritable catalogue. Ses premières photographies de graffitis sont publiées en 1933 dans la revue surréaliste Le Minotaure. "Au début, il s'agissait probablement pour lui d'une collecte d'images, comme le faisaient les surréalistes", explique Karolina Lewandowska, la commissaire de l’exposition.

Peu à peu, les images ont pris la forme de tableaux et sont devenues artistiquesKarolina Lewandowskacommissaire de l’exposition "Brassaï - Graffiti"

L\'exposition \"Brassaï - Graffiti\" au Centre Pompidou à Paris, en novembre 2016
L'exposition "Brassaï - Graffiti" au Centre Pompidou à Paris, en novembre 2016 (GINIES / SIPA)

Graffitis primitifs et graffitis politiques

L'exposition du Centre Pompidou le montre : le photographe appréciait tout particulièrement les images primitives, celles qui rappellent les traces laissées par l’homme des cavernes. Comme cette "tête gravée en profondeur dans un mur, avec des cheveux dressés, qui forment des rayons", nous montre Karolina Lewandowska. Cette photographie en grand format, qui s'intitule Le Roi Soleil, est "une image très simple, qui dégage une grande force grâce aux grattages", analyse la commissaire de l'exposition.

Dans les années 1950, Brassaï s’intéressera aux graffitis politiques, se faisant alors le témoin des tensions de l’époque. En pleine guerre d’Algérie, les murs deviennent des lieux de débat. Une croix de Lorraine vient illustrer le désir d'un retour au pouvoir du général de Gaulle. Les tags qui couvrent aujourd’hui nos murs ont sans doute trouvé leur origine dans ces graffitis que le photographe a fait entrer dès 1956 au célèbre Museum of Modern Art (MoMA) de New York.

"Brassaï - Graffiti" : Le reportage d'Anne Chépeau
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