Après l'incendie de Notre-Dame, la sécurité des chantiers sur les monuments historiques questionnée

Des procédures inscrites dans le Code du travail doivent permettre d'éviter le risque d'incendie, mais ce n'est pas suffisant, estiment certains.

Notre-Dame de Paris, le 16 avril 2019, au lendemain de l\'incendie.
Notre-Dame de Paris, le 16 avril 2019, au lendemain de l'incendie. (BERTRAND GUAY / AFP)

"Rien dans l'état ne va dans le sens d'un acte volontaire", a assuré mardi 16 avril le procureur de la République de Paris, au lendemain de l'incendie de la cathédrale Notre-Dame. Rémy Heitz a confirmé que la piste accidentelle était privilégiée. De son coté, le patron de la principale entreprise chargée des travaux de la cathédrale, affirme que les procédures de sécurité ont été respectées. Pour sécuriser ce type de chantier, deux démarches sont déjà obligatoires et inscrites dans le Code du travail.

Ce qui est déjà obligatoire 

Il y a d'abord l'obligation d'avoir un "permis feu" dès lors qu'il y a un point chaud. Ceci impliquant la présence obligatoire d'un "agent de sécurité qui reste deux heures après le départ des ouvriers pour vérifier qu'il n'y a pas de départ de feu", lorsqu'on travaille un point chaud sur un chantier, explique à franceinfo Benoît Leclerc coordinateur hygiène et sécurité.

Ensuite, "à partir du moment où deux entreprises sont présentes sur un chantier, il y a obligation d'avoir une coordination hygiène et sécurité, avec la mise en place d'un plan général de coordination qui définit les modalités à mettre en place afin d'assurer la sécurité des ouvriers", ajoute Benoît Leclerc.

Ce qui pourrait être durci

Ces procédures sont insuffisantes, selon Rémi Desalbres, président de l'association des Architectes du patrimoine, qui estime qu'il faut surtout renforcer la sécurité en amont. "Aujourd'hui, c'est avant tout la sécurité des personnes qui est prise en compte".

Malheureusement en France, vous avez énormément de monuments historiques qui ne sont munis d'aucune détection incendie.Rémi Desalbresà franceinfo

"C'est une demande que j'avais faite au ministère de la Culture il y a déjà près de deux ans" pour obtenir "à la fois des systèmes de détection incendie généralisés dans les combles notamment des grands édifices, mais également la mise en place d'alarme anti-intrusion sur les chantiers". Remi Deslabres pointe aussi le manque de spécialisation de certains ingénieurs pas formés pour intervenir sur des chantiers historiques et qu'ils mettent donc en danger... Il compte transmettre ses propositions pour améliorer la sécurité dans une quinzaine de jours à la direction générale des patrimoines.

L'argent au cœur du problème ?

Le maire de Versailles François de Mazières, qui a vu brûler trois fois l'hôpital Richaud - ancien hôpital royal de sa ville, construit au XVIIIe siècle, pense lui qu'il est de la responsabilité de l'État d'être plus généreux pour assurer un meilleur entretien des monuments historiques. "Il y a des tas de lieux, de monuments historiques en France qui sont menacés. On a vu des périodes où il y a des baisses de crédits importantes sur les monuments. Ce sont ces effets d'aller-retour qu'il faut éviter", explique l'ancien président de la cité de l'architecture et du patrimoine.

Cette année, le budget consacré au patrimoine pour les monuments historiques s'élève à 326 millions d'euros.