Vidéo Révélations sur une opération secrète : la France serait impliquée dans 19 bombardements contre des civils perpétrés par l'Egypte

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Complément d'enquête. Révélations sur une opération secrète : la France serait impliquée dans 19 bombardements contre des civils perpétrés par l'Egypte

En partenariat avec le média d'investigation Disclose, "Complément d'enquête" révèle qu'entre 2016 et 2018, l'Egypte aurait détourné une aide militaire française pour bombarder des civils. Extrait d'un document sur les dessous d'une opération militaire secrète, dans un pays resté un partenaire privilégié de la France malgré ses atteintes aux droits de l'homme. 

Depuis 2013, malgré la répression sanglante qui a accompagné l'arrivée au pouvoir du maréchal Abdel Fattah al-Sissi par un coup d'Etat militaire en 2013, la France voit dans le régime égyptien une opportunité en matière de "soutex", c'est-à-dire de soutien aux exportations d'armes. D'autant que ce client providentiel, qui a sauvé le programme Rafale en achetant 24 avions en 2015, se présente aussi comme un rempart contre le terrorisme islamique dans une région particulièrement instable.

La même année, la France met discrètement en place une coopération militaire avec l'Egypte, inquiète du chaos à la frontière libyenne. Pour aider à la traque de jihadistes, une mission française secrète – son existence a été confirmée à "Complément d'enquête" par l'ancien patron de la Direction du renseignement militaire – voit le jour en 2016. 

Quelques rappels des attentes françaises sur les droits de l'homme

C'est dire si la France entretient avec l'Egypte d'Abdel Fattah al-Sissi, malgré ses atteintes répétées aux droits de l'homme, une relation stratégique et commerciale privilégiée. Depuis le début de son mandat, Emmanuel Macron n'a haussé le ton publiquement qu'à une occasion contre le régime Sissi : lors de son voyage officiel au Caire, en janvier 2019. Mais le rappel par le président français, devant un raïs qui ne dissimulait pas son agacement, d'une "réalité" – l'emprisonnement de journalistes et d'activistes – n'allait rien changer dans le partenariat franco-égyptien. 

Pour preuve, un mois plus tard, lors d'une rencontre au Quai d'Orsay avec l'ambassadeur d'Egypte, "le directeur de la section Afrique du Nord et Moyen-Orient [un haut fonctionnaire de l'équipe Le Drian] a assuré à l'ambassadeur qu'il n'y avait aucun changement de position", est-il écrit dans le compte rendu de la réunion. Pour la mission Sirli, initiée sous François Hollande, rien n'allait changer non plus, malgré des alertes répétées sur ses dérives... Le président égyptien, lui, a continué à être reçu avec les honneurs. Et même, en décembre 2020, avec la Légion d'honneur, remise par Emmanuel Macron à l'Elysée.

Le 2e client de la France en matière d'armement

Six mois plus tard, l'achat de 30 avions Rafale supplémentaires (pour un montant de 3,95 milliards d'euros) faisait de l'Egypte le deuxième plus gros client de la France en matière d'armement.

Avant cette vente, la Direction du renseignement militaire, qui pilote l'opération Sirli, avait pourtant donné l'alerte. En janvier 2019, une note reconnaissait pour la première fois que les informations transmises par l'équipe française avaient permis à l'armée égyptienne de bombarder des civils. Après analyse de documents confidentiels, transmis aux journalistes par une source souhaitant dénoncer un scandale d'Etat, il ressort que la France serait impliquée dans au moins 19 bombardements contre des civils, entre 2016 et 2018.

Extrait de "France-Egypte : révélations sur une opération secrète", un document à voir dans "Complément d'enquête" le 25 novembre 2021.

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