Trois choses à savoir sur Thierry Burkhard, le nouveau chef d'état-major des armées

Issu de l'armée de Terre, ce général de 56 ans au parcours atypique est rompu aux techniques de combat, mais aussi de communication.

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Le général Thierry Burkhard, lors de l'adieu aux armes du général Lecointre, à Paris, le 21/07/2021. (DANIEL COLE / POOL)

L'armée française a un nouveau chef d'état-major. Le général Thierry Burkhard, 56 ans, passé par la Légion étrangère et de nombreux théâtres d'opérations, a remplacé jeudi 22 juillet le général François Lecointre, qui était à la tête du commandement des opérations militaires depuis quatre ans. Un profil atypique pour cette fonction prestigieuse dans l'armée, qui s'est politisée ces dernières années. Voici trois choses à connaître sur le nouveau chef de l'armée française.

1Il était à la tête de l'armée de Terre

Avant d'être nommé "Cema", le général Burkhard était déjà "Cemat", soit chef d'état-major de l'armée de Terre. Un poste qu'il occupait depuis sa nomination fin juillet 2019 par le président de la République, Emmanuel Macron. Les forces terrestres, Thierry Burkhard y a fait ses armes, depuis sa sortie de l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr en 1988. Sa première affectation : le deuxième régiment étranger de parachutistes de Calvi (Haute-Corse).

Durant sa carrière, Thierry Burkhard a participé à de nombreuses opérations extérieures, comme en ex-Yougoslavie, en Irak, au Tchad, en Côte d'Ivoire ou encore en Afghanistan. Il a aussi mené des missions sur le sol français. En 2002, il a ainsi été envoyé à Cayenne, comme chef de la division opération de l’état-major interarmées des forces armées en Guyane. 

Au cours de ses deux années passées à la tête de l'armée de Terre, le général Burkhard a mis l'accent sur la préparation opérationnelle, l'une de ses spécialités. "Préparer la guerre ne peut souffrir d'aucune approximation", déclarait-il d'ailleurs lors de sa prise de fonctions en juillet 2019. "Cultivons, sans relâche, l'esprit guerrier. La formation initiale et tactique, de même que l'entraînement, socle de la force morale, seront nos priorités."

2C'est un professionnel de la communication

Thierry Burkhard a aussi fait ses armes auprès d'un ancien "Cemat", l'amiral Edouard Guillaud, qui occupait cette fonction de février 2010 à février 2014. En sa qualité de conseiller communication, le militaire s'est familiarisé avec la gestion de crise, jouant le rôle d'interface entre la presse et une armée française déployée tous azimuts, en Afrique de l'Ouest, en Libye et en Afghanistan notamment. 

Alors colonel, Thierry Burkhard s'est retrouvé à gérer des dossiers épineux, comme la prise d'otage des journalistes français Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière en Afghanistan, entre 2009 et 2011. Une affaire dans laquelle le porte-parole du chef d'état-major de l'armée de Terre avait tenu à rappeler l'engagement des militaires en faveur de la sécurité des otages.

D'un naturel discret, Thierry Burkhard n'hésite pas à prendre la plume lorsque l'image de l'armée française est attaquée. En novembre 2019, il a par exemple écrit une lettre ouverte au dessinateur Riss, directeur de la publication du magazine satirique Charlie Hebdo, pour lui signifier son indignation après la parution de caricatures ironisant sur la mort de treize militaires au Mali.

3Il récupère un poste très politique

En remplaçant le général François Lecointre, qui n'a pas souhaité rempiler pour une cinquième année comme chef d'état-major des armées, Thierry Burkhard joue un nouveau rôle d'interface, cette fois entre le gouvernement et l'ensemble des forces armées. Une fonction qui n'a pas forcément été de tout repos pour son prédécesseur, et encore moins pour le général Pierre de Villiers, qui a occupé le poste de 2014 à 2017. Ce dernier avait en effet démissionné avec fracas pour protester contre d'importantes coupes budgétaires réclamées par le gouvernement.

Dans les prestigieux salons de l'Ecole militaire, à Paris, où il recevra désormais les chefs d'état-major des trois forces armées, le général Burkhard s'est engagé à maintenir "la cohésion et la fraternité d'armes" entre militaires. Sa prise de fonctions intervient à un moment particulier pour l'armée française, récemment questionnée sur sa neutralité politique. Fin avril, six généraux retraités mais toujours mobilisables avaient en effet signé une tribune controversée sur le "délitement" de la France dans le magazine Valeurs Actuelles.

Thierry Burkhard devra en outre relancer la lutte contre les jihadistes au Sahel, après l'annonce de l'arrêt de l'opération Barkhane, et réfléchir aux suites à donner à l'opération Sentinelle, lancée au lendemain des attentats de Charlie Hebdo, en janvier 2015.

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