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"Robots tueurs" : l'ONU va-t-elle interdire les armes autonomes ?

La réunion annuelle de la convention sur les armes classiques s'ouvre mercredi à l'ONU, à Genève. De nombreux chercheurs, scientifiques et ONG exigent un traité international sur l'interdiction de ces armes autonomes.

Article rédigé par
Franck Cognard - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Un faux robot tueur construit à l'occasion du lancement de la campagne contre l'utilisation de ces armes autonomes à Londres, le 23 avril 2013. (CARL COURT / AFP)

Un essaim de mini-robots tuent leurs cibles sans qu'un homme ne soit aux commandes : ce terrifiant clip de science-fiction a été publié sur les réseaux sociaux il y a un an et, selon les opposants, ce scénario montre l'avenir des armes autonomes. Des chercheurs, scientifiques et ONG profitent de l'ouverture mercredi 21 novembre de la réunion annuelle de la Convention sur certaines armes classiques (CCAC) à l'ONU, à Genève (Suisse) pour demander un traité international sur l'interdiction de ces dispositifs.

Certains estiment que ce futur est tout proche. "Quand on regarde les programmes de recherche militaire, notamment chez les grandes puissances, explique Anne Sophie Simpère, coordinatrice du rapport 'Pourquoi la France doit s'opposer aux robots tueurs', on note que les programmes vont vers plus d’autonomie, des contrôles humains de plus en plus réduits et une intégration croissante de l’intelligence artificielle. Il est aujourd’hui urgent de réglementer la question des armes entièrement autonomes, avant qu’elles ne soient déployées."

"Politiquement inacceptables et moralement révoltantes"

Selon Sophie Simpère, il faut donc en urgence un traité d'interdiction parce que dès qu'une grande puissance se dotera de robots tueurs, les autres le feront également. Les autorités françaises assurent officiellement qu'aucun projet du genre n'est en train d'être élaboré. "Nous n’avons pas de système d’arme autonome au sens où il serait capable de déclencher une action militaire sans passer par l’Homme", assure ainsi Joël Barre, le patron de la Direction générale de l'armement (DGA).

Les promoteurs des armes autonomes ne jurent que par la fiabilité supérieure de la machine. Les opposants leur répondent que la décision de tuer ou de ne pas tuer doit rester humaine et ne doit pas être déléguée à un robot dopé à l'intelligence artificielle, qui peut être trompé par un leurre ou piraté. Ces armes autonomes ont été jugées récemment "politiquement inacceptables et moralement révoltantes" par Antonio Guterrez, le secrétaire général des Nations Unies.

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