Rentrée scolaire : 100 millions d'euros pour les lycées militaires

Le gouvernement souhaite notamment "améliorer les conditions matérielles d'accueil des jeunes" et "élargir l'offre de formation" des six établissements militaires français.

Le lycée militaire d\'Autan (Saône-et-Loire), le 12 septembre 2017. 
Le lycée militaire d'Autan (Saône-et-Loire), le 12 septembre 2017.  (MAXPPP)

Un plan de bataille pour rénover les lycées militaires. Le gouvernement a présenté, lundi 3 septembre, une série d'investissements de 100 millions d'euros dans ces lycées d'ici à 2025. Objectifs : moderniser leurs infrastructures vieillissantes et élargir leur offre d'enseignement.

"Ce plan vise à améliorer les conditions matérielles d'accueil des jeunes, avec un véritable coup d'accélérateur en termes d'infrastructures", déclare la secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq, à l'AFP. "Il vise aussi à élargir l'offre de formation, avec l'introduction de filières technologiques en 1re et terminale et des BTS en post-BAC" adaptés aux besoins des armées (notamment en cyberdéfense, électronique et maintenance aéronautique), ajoute la secrétaire d'Etat.

Geneviève Darrieussecq s'est rendue lundi, jour de rentrée scolaire, dans l'un des six lycées militaires, le Prytanée de La Flèche (Sarthe), où les premières rénovations d'urgence ont été engagées cet été sur un internat. Les six établissements comptent 4 360 élèves répartis entre collège, lycée et classes préparatoires aux grandes écoles militaires. Ils sont situés à Saint-Cyr-l'Ecole (Yvelines), Autun (Saône-et-Loire), La Flèche (Sarthe), Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), Brest (Finistère) et Grenoble (Isère).

Chaque corps d'armée fonctionne "dans son coin"

Parmi les 3 000 jeunes en pré-bac, 70% sont des enfants de militaires et d'agents civils des Armées dont les missions impliquent de fortes contraintes de mobilité. Ces établissements, financés par le ministère des Armées, accueillent aussi des enfants d'autres fonctionnaires (15% des effectifs), de même que des élèves boursiers (15%) issus de quartiers défavorisés dans le cadre du plan Egalité des chances. Ils sont encadrés par des militaires, emploient des enseignants et suivent les programmes de l'Education nationale mais fonctionnent chacun "dans leur coin", pour le compte de leur corps d'armée (terre, air ou marine) respectif, explique-t-on au ministère.

"On va leur donner plus de visibilité [et d'homogénéité] en mettant en œuvre progressivement un règlement commun, un portail commun et un dossier d'inscription commun", précise Geneviève Darrieussecq. La secrétaire d'Etat et la ministre des Armées Florence Parly se disent par ailleurs déterminées à lutter, avec exclusions et sanctions à la clé, contre le harcèlement visant les jeunes femmes dans les prépas militaires.

Des "lycées d'excellence académique et comportementale"

Selon des témoignages chocs publiés en mars par le quotidien Libération, les "tradis", un petit clan ultraconservateur d'élèves, sévissent depuis des années à la prépa de Saint-Cyr, voie royale vers les carrières d'officiers, avec vexations, insultes et humiliations en vue de "broyer les ambitions" des jeunes femmes. "Les traditions, c'est bien, mais il faut que tout cela soit fait dans un cadre classique, avec des encadrants informés de ce qui se passe, et que ce soit des traditions positives et pas des passages de tradition qui porteraient atteinte à la mixité ou créeraient des exclusions de certaines personnes", a martelé la secrétaire d'Etat.

Ces établissements doivent rester des "lycées d'excellence académique et comportementale", souligne Geneviève Darrieussecq en rappelant leurs performances exceptionnelles au bac (99% de réussite en 2018, dont 78% avec mention et 18% avec mention très bien).