Procès de deux ex-agents secrets français : un spécialiste du renseignement estime que les autorités ont voulu "faire un exemple"

Le procès de deux ex-agents de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) soupçonnés de trahison au profit de la Chine s'est ouvert lundi devant une cour d'assise spéciale militaire à Paris.

Des agents de sécurité au siège de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), à Paris le 4 juin 2015 (photo d\'illustration).
Des agents de sécurité au siège de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), à Paris le 4 juin 2015 (photo d'illustration). (MARTIN BUREAU / AFP)

"Il est assez rare que d'anciens officiers de renseignement soient pris la main dans le sac. La tradition c'est plutôt de régler les problèmes en interne", explique lundi 6 juillet à France Inter Eric Dénécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), alors que s'est ouvert à Paris le procès de deux ex-agents de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) soupçonnés de trahison au profit de la Chine devant une cour d'assise spéciale militaire à Paris.

"Je n'écarte pas le fait que d'une certaine façon, le service et les autorités gouvernementales aient envie de faire un exemple", avance Eric Dénécé. "Aujourd'hui on se trouve dans une situation où de plus en plus de personnes restent finalement peu de temps à la DGSE, cinq ans ou dix ans, pour aller travailler dans le privé après", poursuit le spécialiste du renseignement.

C'est aussi une façon de faire passer un message : vous avez appartenu un moment à cette maison, vous êtes maintenant dans le privé mais vous ne pouvez pas faire n'importe quoi.Eric Dénécé, directeur du CF2Rà France Inter

"Nous sommes face à un type de procès très largement inédit , affirme Eric Dénécé, dans les rares procès d'espionnage qui ont concerné notre histoire on avait plutôt affaire à des anciens des services qui écrivaient des livres, à des fonctionnaires ou des civils ou des citoyens français qui ne travaillaient pas dans le renseignement et qui avaient livré des secrets sur leur industrie, soit sur un certain nombre de choses."