Marins et pilotes à l’entraînement avant la reprise des missions du "Charles-de-Gaulle"

L'unique porte-avions de la marine française achève des travaux de rénovation entamés début 2017. Il devrait se rendre dans l'océan Indien en 2019.

Des avions Hawkeye et Rafale sur le porte-avions \"Charles-de-Gaulle\", le 14 novembre 2018.
Des avions Hawkeye et Rafale sur le porte-avions "Charles-de-Gaulle", le 14 novembre 2018. (FREDERIC SPEICH / MAXPPP)

Le porte-avions Charles-de-Gaulle s'apprête à reprendre le large l'an prochain, après des travaux de rénovation entamés début 2017 à Toulon, son port d'attache. Un porte-avions modernisé et rénové après une période d'indisponibilité de longue durée et qui est actuellement en phase d'entraînement et de remontée vers sa pleine capacité opérationnelle.

Long de 261,50 mètres pour une hauteur totale de 75 mètres, l'unique porte-avions de la marine française est équipé de deux réacteurs nucléaires similaires à ceux qui propulsent les sous-marins nucléaires français. Son équipage compte 1 950 marins dont 15% de femmes. Le Charles-de-Gaulle peut emporter jusqu'à 30 avions de combat Rafale, deux avions de guet Hawkeye et plusieurs hélicoptères. Franceinfo a pu assister à l'entrainement d'appontage des pilotes de Rafale.

Le reportage, à bord du "Charles-de-Gaulle", de Franck Cognard
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La mer vient taper les flancs du bâtiment, le pont bouge un peu évidemment, mais pas de quoi bloquer la séance du matin. De jeunes pilotes doivent, pour la première, décoller (être catapultés) et atterrir (apponter) sur une petite zone, à peine 100 mètres de piste. La manoeuvre est dirigée par les techniciens du pont d'envol, ceux que l'on appelle les "chiens jaunes". "Une fois que le pilote me fait signe en me saluant qu'il est prêt, je rends le salut, je regarde pour m'assurer que je peux catapulter en toute sécurité, et là j'abaisse mon pavillon vert et il part", explique l'un deux.

Des manoeuvres minutieusement répétées

La séance dure une heure et demie, avant que les Rafale ne se présentent, un à un, pour apponter. Le Charles-de-Gaulleentre temps, s'est aligné pour faciliter la portance des Rafale à "faible" vitesse, 250 kilomètres heure toute de même ! Le nez de l'avion levé masque en partie le pont au pilote, qui doit toucher dans une zone inférieure à un terrain de tennis pour accrocher l'un de trois câbles, appelés brins, qui freinent l'avion. Et c'est un autre pilote, resté sur le navire, qui tient le rôle de l'officier d'appontage. "Rien de mieux pour un officier d'appontage d'avoir ressenti lui aussi ces sensations un peu curieuses dans le 'groove', c'est à dire dans la phase finale de l'appontage, pour ensuite, quand il a le pilote en fréquence et qu'il est en train de le guider, savoir lui donner les ordres les plus adéquats", explique le commandant Christophe, patron du groupe aérien embarqué. Régulièrement, pour cette première journée de qualification, les pilotes n'arrivent pas à accrocher les brins dès la première fois. L'aéronavale n'est pas un sport de masse, résume le commandant Christophe.

Des retrouvailles après presque deux ans 

Une fois posés, les Rafale descendent dans les hangars du porte-avions où ils sont rangés, tête-bêche, au chausse-pied, juste au-dessus des deux mini chaufferies nucléaires qui assurent la propulsion et l'électricité du navire. Les pilotes et les mécanos, 530 personnes au total, réapprennent leur métier. Et l'équipage, 1 200 hommes et femmes, réapprivoisent le navire après dix-huit mois de restauration complète.

Pouvoir voir ce bateau revivre et reprendre la mer c'était une vraie fierté je pense de l'ensemble des marins du Charles-de-Gaulle.Marc-Antoine de Saint-Germain, commandant du "Charles-de-Gaulle"à franceinfo

Il s'agit à la fois de "traiter les obsolescences, c'est à dire les équipements, le matériel des années 1980, comme du câble en cuivre qu'on a remplacé par de la fibre optique", explique Marc-Antoine de Saint-Germain, qui commande le Charles-de-Gaulle. "Et par ailleurs, c'est doter le porte-avions d'équipements modernes", poursuit-il.