"Les gens nous disent 'merci la France' ", témoigne un marin-pompier de Marseille envoyé à Beyrouth après la double explosion

Deux détachements sont partis la semaine dernière pour prêter main-forte aux secours libanais.

Un immeuble dévasté par la double explosion à Beyrouth (Liban), le 10 août 2020.
Un immeuble dévasté par la double explosion à Beyrouth (Liban), le 10 août 2020. (JOSEPH EID / AFP)

"L'accueil des Libanais est vraiment très chaleureux, les gens nous disent 'merci la France'", a raconté sur franceinfo, lundi 10 août, le capitaine de frégate Bruno, qui dirige les marins-pompiers de Marseille envoyés à Beyrouth après la double explosion dans le quartier du port. "Notre position de Français et de pompiers fait que tout le monde fait preuve de bienveillance avec nous, notamment les pompiers de Beyrouth avec qui les pompiers de Marseille sont liés depuis très longtemps", explique le capitaine.

Soigner les personnes blessées par l'explosion des fenêtres

Deux détachements sont partis la semaine dernière pour prêter main-forte aux secours libanais. Un premier détachement de neuf personnes, composé de médecins et de logisticiens, porte assistance à la population. "Deux dispensaires ont été ouverts : un au consulat français pour s'occuper des ressortissants qui en ont besoin, et un autre dans une caserne de pompiers de Beyrouth pour accueillir la population beyrouthine", explique le capitaine de frégate.

L'équipe française a notamment soigné de nombreux blessés liés à l'explosion des fenêtres. "Il n'y a plus une seule vitre dans un périmètre de deux kilomètres autour du port", décrit le marin-pompier, qui parle d'une "situation très complexe parce qu'au niveau du port toutes les infrastructures ont été détruites, les services sont désorganisés".

Donner des conseils pour gérer les navires endommagés

Le deuxième détachement de pompiers marseillais est destiné à l'expertise dans le domaine portuaire. "Nous avons investigué tous les navires qui ont été touchés par l'explosion dans le port, il y en a deux qui ont coulé et un troisième qui a été projeté hors de l'eau et qui s'est positionné sur le quai. C'est un bateau de 50 mètres de long et de 800 tonnes qui est littéralement monté sur le quai, décrit le capitaine de frégate. Pour les autres - il y en a six qui présentent des risques - nous avons pris des mesures conservatoires et, en lien avec les autorités portuaires et la marine libanaise, nous leur donnons des conseils pour les mettre en sécurité, afin qu'ils n'apportent pas de danger par la suite."

La date de retour des marins-pompiers de Marseille n'est pas encore fixée, "nous serons là au moins jusqu’à la fin de la semaine", estime le capitaine de frégate Bruno.