Homme volant du 14-Juillet : "L'engin sera commercialisé à terme", annonce son créateur

L'armée a présenté une plateforme volante propulsée par cinq réacteurs à jet d'air lors de la parade militaire pour la fête nationale.

Franky Zapata et son \"Flyboard\", le 14-Juillet 2019 à Paris.
Franky Zapata et son "Flyboard", le 14-Juillet 2019 à Paris. (ALAIN JOCARD / AFP)

"L'engin sera commercialisé à terme", a dit Franky Zapata, ancien champion du monde de jetski et créateur du Flyboard Air, dimanche 14 juillet sur franceinfo, quelques heures après avoir survolé les Champs-Élysées sur son engin, en marge du défilé militaire. Déjà créateur du Flyboard sur eau et du Flyboard Air, Franky Zapata assure avoir "développé des voitures volantes qui fonctionnent". 

franceinfo : Comment assurez-vous votre stabilité dans les airs avec votre Flyboard Air comme ce matin au-dessus des Champs-Élysées ?

Franky Zapata : C'est le cerveau humain qui participe à 80% de l'équilibre. Mais la planche a aussi un algorithme interne de stabilisation qui permet d'amortir les rafales de vent ou les mouvements trop brusques. C'est uniquement la position du centre de gravité qui permet de choisir la direction dans laquelle on va. J'ai une autonomie d'une vingtaine de kilomètres à peu près.

D'où vient ce projet ?

J'ai passé une grande partie de ma vie dans le jetski. J'étais pilote. En 2011, j'ai eu l'idée de créer le Flyboard sur eau. C'est un engin poussé par l'eau que vous voyez sur les plages. On achemine de l'eau en propulsion avec un tuyau. Et avec ça, vous pouvez faire des acrobaties et voler en toute sécurité au-dessus de l'eau. J'en ai vendu quelques milliers dans le monde. Depuis ce jour-là, je n'ai jamais cessé d'imaginer comment je pouvais m'affranchir du tuyau et de l'eau pour pouvoir voler comme ça un peu partout sur la planète. Et j'ai réussi à créer le Flyboard Air. Le carburant est dans mon dos. C'est du kérosène, c'est le même carburant que les avions. Cet engin est un prototype. Il sera commercialisé à terme, mais pas dans cette version-là.

Pensez-vous que l'homme pourra prochainement voler de manière autonome ?

Oui. Nous développons également des voitures volantes et elles fonctionnent réellement, contrairement à celles de beaucoup d'autres start-up qui construisent des engins volants. La plus grosse problématique, c'est la réglementation. On ne peut pas changer le monde plus vite que le monde a envie de changer. C'est une discussion qu'on a eue des milliers de fois avec les différents organismes du gouvernement. Notre projet de voitures volantes destinées au loisir pour donner aux humains un avant-goût du futur, c'est un projet qui les intéresse car c'est un projet beaucoup moins ambitieux que celui de taxis volants urbains que tout le monde annonce. Certains demandent déjà des autorisations pour survoler Paris. Nous, on vient avec un projet beaucoup moins ambitieux : des voitures volantes qui fonctionnent certes mais qu'on ne veut pas lâcher dans la nature. Ce sera sur des circuits dédiés. Cela permettrait déjà de faire un premier pas dans le futur. Et pourquoi pas dans des années, imaginer vraiment le taxi volant urbain.