Généralisation des caméras-piétons pour les policiers : un serpent de mer vieux de dix ans

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a confirmé lundi 30 novembre la généralisation des caméras-piétons pour les policiers le 1er juillet 2021. Ce dispositif est pourtant promis depuis plus de dix ans.

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Radio France
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Un policier arbore deux caméras-piétons lors de l'inauguration du commissariat des Mureaux (Yvelines), le 8 avril 2016. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Alors que le gouvernement d'Emmanuel Macron tente de sortir de la crise de confiance entre policiers et citoyens, le ministre de l'Interieur, Gérald Darmanin, a confirmé lundi 30 novembre la généralisation des caméras-piétons pour les forces de l'ordre à compter du 1er juillet 2021. Cette idée n'est toutefois pas nouvelle et peine à s'imposer.

Depuis Nicolas Sarkozy

Dès 2009, le ministre de l'Intérieur de l'époque, Brice Hortefeux, évoquait la nécessité du "déploiement des outils vidéo" dans la police. "Cette priorité s'inscrit dans l'effort de modernisation technologique de la police avec notamment les caméras embarquées lors des interventions", avait-il notamment déclaré le 18 novembre 2009 au salon Milipol. L'expérimentation des caméras-piétons a ainsi démarré il y a plus de dix ans. Elles continuent d'être testées sous l'ère Hollande. En 2012 , Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, expérimente leur utilisation dans les Zones de Sécurité Prioritaires (ZSP) et annonce finalement leur généralisation en 2015. Mais en 2017, rien n'est encore fait. François Hollande continue de promettre leur généralisation alors que son quinquennat touche à sa fin. Onze ans après Sarkozy, trois ans après Hollande, cette fameuse généralisation des caméras-piétons continue donc d'être promise sous le mandat d'Emmanuel Macron.

Problèmes techniques et légaux

Si tous les gouvernements qui se succèdent présentent les caméras-piétons comme la solution miracle pour rétablir le lien de confiance entre policiers et citoyens, la mise en place de ce dispotif s'avère plus compliquée. Des syndicats de police ont notamment dénoncé la qualité du matériel vidéo choisi par l'État. Ils pointent entre autres du doigt un système munie d'une batterie trop faible ne permettant pas une autonomie supérieure à deux heures. Par ailleurs, des questions se posent encore sur la manière d'utiliser ces caméras. Pour l’instant, il revient encore au policier ou au gendarme de décider ou non de déclencher l’enregistrement. Le fait que cela ne soit pas systématique pose donc la question de l'intérêt d'un tel dispositif.

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